Contrôles renforcés à la côte pour éviter une "Jungle" belge

Les contrôles ont été renforcés à la côte pour limiter le flux de migrants venant de France
Les contrôles ont été renforcés à la côte pour limiter le flux de migrants venant de France - © Belga

Peut-on craindre un "petit Calais" sur nos côtes belges? Le démantèlement de la Jungle de Calais, prévu mercredi mais reporté en attente d'une décision judiciaire, a poussé nos autorités à prendre des mesures exceptionnelles pour éviter des rassemblements de réfugiés sur nos terres.

Des contrôles renforcés

Les contrôles sont strictement renforcés à la côte belge, et notamment à La Panne. Notre journaliste sur place a vus un groupe de migrants venant de Calais dans la gare de la ville côtière. Ils souhaitaient aller au Royaume-Uni et ils ont été emmenés et contrôlés par la police, qui leur a donné l'ordre de quitter le territoire.

Ce phénomène dure déjà depuis quelques semaines, mais la police a déclaré être plus vigilantes ces derniers jours suite au démantèlement proche de la Jungle de Calais. Ces contrôles vont-ils se maintenir dans les prochains jours? Carl Decaluwé, le gouverneur de Flandre occidentale, a annoncé qu'ils seront maintenus au moins jusqu'à demain. Il est en discussion avec le ministre de l'Intérieur Jan Jambon pour décider si ces mesures exceptionnelles seront maintenues plus longtemps. Mais tout dépend de ce qui se passera à la Jungle de Calais.

Ann Vanheste, Bourgmestre SP.A de La Panne, s'est exprimée à notre micro. "Si les gens qui rentrent en Belgique veulent faire une demande d'asile, on va voir ce qu'on peut faire pour eux. Mais s'ils restent dans l'illégalité, ils doivent rester en France. Je ne pense pas qu'un camp risque de se développer ici, mais plutôt à Zeebrugge ou à Veurne. Nous devons tous travailler ensemble pour éviter qu'il y ait des camps (comme celui de Calais, ndrl)"

Ces craintes sont-elles fondées?

François Gemenne, professeur en Sciences Politiques à l’ULG et à Sciences-Po Paris, spécialiste des migrations, était l’invité de Matin première. Il est l'un des 250 signataires opposés à la décision de l’Etat français de raser la moitié de la surface du camp de réfugiés de Calais.

Le professeur explique qu'il existe plusieurs alternatives aux réfugiés du camp si le démantèlement a bien lieu: "Les migrants qui se trouvent dans ce qu’on appelle la Jungle, sont dans des situations très différentes. Je pense qu’une partie d’entre eux devraient pouvoir aller en Angleterre et qu’il faut pouvoir trouver une solution diplomatique avec les Britanniques pour accueillir ces personnes. Une autre partie est en situation de demander l’asile en France et donc il faut parvenir, je pense, au cas par cas, à trouver une solution pour chacune de ces personnes."

"Les disperser ne va rien résoudre. Au contraire. Un nouveau camp va évidemment se reformer soit à Grande-Synthe où les conditions sont pires encore, soit ailleurs. On rend le problème invisible ou en tout cas on essaie de le faire."

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