Consommer local : comment les producteurs trouvent des alternatives en cette période de confinement

Illustration - Avec le confinement, les marchés et les restaurants sont fermés, les petits producteurs ont réussi à s'organiser.
Illustration - Avec le confinement, les marchés et les restaurants sont fermés, les petits producteurs ont réussi à s'organiser. - © YORICK JANSENS - BELGA

Les asperges sont les premiers légumes de la saison en Belgique. Avec le beau temps qu’il fait pour l’instant, on peut déjà en profiter. Et si avec le confinement, les marchés et les restaurants sont fermés, les petits producteurs ont réussi à s’organiser. Cela passe par la vente directe, mais pas seulement.

"C’est un peu la loi de la débrouille"

Bernard Decononinck, par exemple, est cultivateur à la Ferme de Gentissart à Villers-la-Ville dans le Brabant Wallon. Habituellement, c’est avec les restaurateurs qu’il réalise un tiers de son chiffre d’affaires en cette saison avec les asperges.

Mais avec le confinement, il a dû trouver des alternatives : "Cela nous a ouvert d’autres voies qui sont les épiceries locales ; d’autres producteurs qui sont en voie de trouver des solutions pour leurs clients aussi parce que, eux aussi, constatent qu’ils ont plus de clients et donc, s’ils n’ont pas la salade, ils se disent et bien si j’avais une botte d’asperges en plus je ferais au moins plaisir à un client potentiel de plus. Donc voilà, c’est un peu la loi de la débrouille et je vois que tout le monde essaie de présenter des légumes qui ne sont pas toujours les siens".

"Avec le coronavirus, ils ont l’impression qu’il faut manger plus sain"

A la ferme Gentissart, on propose aussi de la vente directe et à la surprise de son propriétaire, cela fonctionne très bien. Les clients sont 30% à 40% plus nombreux avec beaucoup de nouveaux clients, souvent des gens du coin.

Bernard Decononinck a son explication : "Je pense qu’il y a plusieurs phénomènes. Un : les gens qui d’habitude n’ont pas le temps, ont le temps. Deux : il fait très beau. Trois : ce sont aussi des gens qui cherchent un peu une excuse pour pouvoir sortir et qui recherchent du lien social qu’on n’a plus vraiment. Et il y a aussi des gens qui, tout un coup avec le coronavirus (et c’est ce que j’entends aussi autour de moi), ont l’impression qu’ils doivent manger plus sain aussi".

Reste que ce sont des légumes de saison, avec les quantités qui dépendent de la production, mais aussi du climat. Il n’y en a donc pas toujours pour tout le monde tous les jours et ça, "les gens ont parfois du mal à le comprendre"

Des associations pour aider ceux qui ont du mal à écouler leurs marchandises

Des associations viennent également en aide aux producteurs et artisans qui ont du mal à écouler leurs marchandises. C’est le cas de l’asbl Made in BW située dans le zoning de Wavre. Depuis le 30 mars, de nombreux produits locaux peuvent être commandés en ligne (fruits et légumes, produits laitiers, boissons, salaisons, etc.).

"Vu les circonstances que nous rencontrons actuellement et avec la fermeture de l’horeca, nous essayons de leur trouver des solutions pour que leurs produits puissent être écoulés. On a, par exemple, un chocolatier artisanal qui avait du mal à écouler ses œufs de Pâques. Donc nous les proposons dans notre 'drive'", explique Ludovic Peeters, son coordinateur.

Une fois la commande passée en ligne, il vous restera à aller chercher vos produits. L’asbl s’occupe de mettre la marchandise dans votre coffre et le paiement se fait par virement. Il n’y a donc pas de contact direct.

Et ce n’est pas la seule association qui vient en aide aux producteurs et artisans. D’autres comme "La Ruche qui dit oui" a des points de vente un peu partout en Belgique et même ailleurs.

Il y a aussi "La Ceinture alimentaire Charleroi Métropole" en province du Hainaut et de Namur.