Consommer des bières et vins sans alcool pendant la tournée minérale, une fausse bonne idée ?

Depuis 2017, février est pour certaines personnes, synonyme de "tournée minérale". Cette initiative de la Fondation contre le Cancer a pour objectif de démontrer le caractère facultatif des boissons alcoolisées. Les candidats sont invités à s'inscrire, seuls ou en équipes sur internet.

Sur le site tournée minérale, des conseils ou encore des recettes de mocktails sont proposées à chaque internaute afin de se préparer et réussir ce mois sans alcool. 

Une activité physique, ainsi qu'une alimentation saine, sont tout aussi responsables d'une bonne hygiène de vie. La Fondation contre le Cancer encourage à respecter ces différents critères pour un mode de vie plus sain.

Cependant, certaines personnes peuvent être tentées de remplacer les boissons alcoolisées par des vins, bières, et autres, sans alcool. Parfois, ces boissons sont favorisées par les personnes ayant eu une dépendance avec l'alcool.

Cette tendance des boissons NA est proscrite par les groupes des Alcooliques Anonymes car elle pousse à "conserver le geste". Il faut de plus distinguer le "vrai" NA (non-alcoolisé) du "faux" NA. L’étiquetage de ces boissons est parfois trompeur: certains produits ne titrent pas entièrement au taux zéro revendiqué, il faut donc analyser l'étiquette afin de vérifier si un taux d'alcool très léger (inférieur à 1,2%) n'est pas présent. 

Selon la Dr. Hanak, addictologue et cheffe de clinique au CHU Brugmann, la majorité de sa patientèle consomme ce type de boissons. Mais elle détaille : "Ce comportement peut parfois déclencher des messages sensoriels (par le cerveau) et redonner une envie du vrai produit alcoolisé".

Ceci ne touche pas tous les anciens dépendants : "Une partie peut résorber le fossé social ressenti en buvant un vin ou une bière non-alcoolisée, lorsque d'autres boivent la même boisson alcoolisée.", poursuit Catherine Hanak. Les deux types sont identifiables lors du suivi des personnes : "Il est clair qu'une personne qui est affectée par ces messages sensoriels ne doit pas consommer de boissons NA", avertit la docteure. 

Un véritable enjeu commercial

La bière sans alcool représente aujourd’hui à peu près 5% du volume de bière vendu chaque année en Belgique, soit environ 10 millions de litres. Si cela semble peu, c’est assez pour que les industriels s’y intéressent : Maes, Affligem, Jupiler ou encore Leffe, les grands brasseurs ont tous leur version sans alcool.

Les artisanales aussi s’y mettent, comme Brussels Beer Project (BBP), qui a sorti la Pico Bello, sa première bière sans alcool en novembre dernier : "ça répond à une vraie demande, affirme Sébastien Morvan, le co-fondateur de BBP. Je pense que la génération des millenials notamment est beaucoup plus soucieuse de sa santé que les précédentes."

Une évolution qui est aussi saluée par les professionnels. S'il alerte sur le fait que le développement de ces produits est avant tout marketing, le docteur Thomas Orban, alcoologue à Ixelles, le trouve encourageant : "les brasseurs se rendent compte qu'il y a de la demande. Ce qui prouve qu'au niveau sociétal, les choses bougent, et que des gens veulent consommer des bières sans alcool. C'est plutôt une bonne chose, dans un des pays du monde qui consomme le plus de bières."

La prochaine étape dans le développement des bières sans alcool, c’est peut-être de les trouver en fût dans les bars, aux côtés des bières classiques.

Dossier de la rédaction du 30/01 : le lancement de la tournée minérale

Si vous participez à la tournée minérale et éprouvez des difficultés à vous passer d'alcool, un site internet prodigue une aide précoce. Alcooletvous.be est mis à disposition par le CHU Brugmann afin de donner des premiers conseils pour les personnes s'inquiétant de leur consommation d'alcool.

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