Consommer belge a la cote

Du poulet à la moutarde, en passant par la farine, les légumes ou encore l'huile de cuisson; la quasi-totalité des armoires et du réfrigérateur de Thibault et Amélie sont remplis de produits belges.  Ils ont opté pour une alimentation raisonnée, qui privilégie les circuits courts et les liens avec les producteurs ou les éleveurs.

Il y a un an, juste avant leur défi, l’unique produit belge qui se trouvait dans leur cuisine était un sac de pommes de terre; une situation aberrante pour ce jeune couple qui a désormais changé de mode alimentaire sans aucune frustration. Pour Thibault Van Weyenbergh, ces nouvelles habitudes ne sont absolument pas restrictives. "On parle souvent d’un formatage marketing d’une industrie très pressante et pesante pour les gens. Nous avons dû nous délier de tous ces messages et accepter que nous n’avions plus besoin de Coca Cola ou de chips par exemple", explique-t-il.

Les consommateurs de plus en plus conscientisés de l'impact de leurs achats

Ces deux jeunes bruxellois sont loin d'être isolés dans leur réflexion : "j’essaye de trouver des viandes qui sont belges ou pas trop éloignées d’un point de vue consommation d’énergie pour le transport. A propos des fruits et légumes, j’ai supprimés les produits espagnols remplis de pesticides et de produits nocifs pour la santé", témoigne une cliente de supermarché.

Une nouvelle tendance dans les supermarchés

Dans la grande distribution, on surfe sur la vague et sur l'intérêt grandissant des clients pour des produits locaux. Dans les supermarchés, on trouve de plus en plus de photos de producteurs belges ou encore des drapeaux noirs, jaunes, rouges. Une bonne partie de la communication des certains grandes surfaces est désormais basée sur l'origine du terroir. La responsable de la communication de Carrefour, Griet Leynaert, a bien compris qu’aujourd’hui, "le consommateur aime savoir d’où viennent les produits qu’il recherche et qu’il achète. Ce type d’information lui donne davantage confiance".

Un Cocooning géographique

Certains économistes s'intéressent de près aux phénomènes de relocalisation ou encore de dé-mondialisation, car cette tendance risque bien de se renforcer. Christian Arnsperger est professeur d’économie à l’UCL et chercheur au FNRS. Pour lui ce nouveau mode de consommation "vient de milieux peut-être plus conscientisés que la moyenne, mais qui ne resteront probablement pas les seuls. Le prix des produits pétroliers ne  diminuera pas et les produits de l’importation coûteront forcément plus cher. De plus, ajoute-t-il, en période de crise, les gens ont certains réflexes de "ré-encrage" local dans des réalités plus proches d’eux. Il se produit une sorte de cocooning géographique".

Même si leurs prix restent parfois un peu dissuasif aujourd'hui, les produits belges ont de l'avenir!

I.L. avec Julie Morelle

 

 

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