Consommation: plutôt un écran plat que de la nourriture?

Cliché ou réalité ? Pour le savoir, Thierry Vangulick est allé à la rencontre du service de médiation de la dette du CPAS de Mons qui observe au quotidien les habitudes de consommation des personnes en situation de précarité. Au service de médiation de la dette du CPAS de Mons, les huit assistantes sociales voient passer chaque année près de 400 dossiers de médiation dette. Et derrière ces dossiers, des familles lourdement endettée et qui vivent avec un budget réduit au strict minimum. Pour chacune de ces familles, les assistants sociaux analysent  le budget et les habitudes de consommation avant de proposer des solutions pour apurer les dettes. Elles sont particulièrement bien placées pour savoir ce qu'achètent en priorité les familles pauvres.

La télé grand écran ? Oui c'est vrai, mais...

Et oui c’est vrai, les télévisions grand écran font souvent partie des achats prioritaires admet Aurore Ciavarella, responsable du service médiation. Mais il y a une raison objective à cela dit-elle : "La télévision est presque toujours le seul loisir accessible aux familles avec enfants. Car les places de cinéma, les entrées aux parcs d’attraction ou même le simple fait d’aller à la piscine c’est souvent déjà trop lourd pour leur budget."

Les familles pauvres négligent-elles leurs enfants ?

Aurore Ciavarella est catégorique: "Les enfants restent dans la toute grande majorité des cas, la première priorité des familles. La nourriture constitue entre 10 et 25% de leurs dépenses. Les vêtements entre 3 et 5% et les loisirs entre 0 et 1%, affirme Catherine Mandiaux, assistante sociale, qui analyse, avec elles, le budget des familles les plus endettées. La plupart des personnes que nous rencontrons ici se privent de vêtements ou de soins pour leurs enfants. Nous sortons à peine de la rentrée scolaire, la période la plus difficile de l'année. Nous recevons des demandes depuis deux mois déjà  pour faire face aux dépenses liées à la scolarité."

Maltraitance, négligence, ça existe ...

Il y a bien sûr des cas de maltraitance ou d'enfants négligés mais ils sont marginaux affirme encore Aurore Ciavarella et ces problèmes surviennent plus souvent dans des familles qui connaissent la précarité de génération en génération. "Les parents transmettent le modèle qu'ils ont eux même connu mais ce n'est pas une fatalité" conclut la responsable du service. Les clichés ont décidément la vie dure et c'est aussi par la télévision qu'ils sont véhiculés, grand écran ou pas.

Thierry Vangulick   

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