Conseil de l'Europe : vers une interdiction de la circoncision?

La résolution suscite un profond débat, même si elle a été votée à une très large majorité par l'assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. Ses défenseurs avancent plusieurs principes. Tout d’abord, celui du discernement. Car un enfant a le droit de décider ce qu’il veut faire de son corps. Dans le cas de la circoncision, ce droit n’est pas respecté.

Mais il s’agit également de lutter contre un ensemble de pratiques mutilantes : excision, circoncision, mais aussi tatouages, piercings ou opérations chirurgicales abusives.

Une décision pour l’intérêt de l’enfant

Liliane Maury Pasquier, députée suisse et présidente de la Commission des questions sociales et de santé au Conseil de l’Europe nous explique : "Ce n’est pas pour une question de religion et en tous cas, ce n’est pas du tout une attaque contre les communautés religieuses. C’est bel et bien pour l’intérêt de l’enfant. Par exemple pour les petits garçons face à la circoncision, pour les enfants qui naissent avec un sexe indéterminé, pour les enfants un peu plus grands dont les parents refont faire le nez, les oreilles ou les seins pour répondre à des canons de la beauté…".

Mais les représentants de l’islam ou du judaïsme sont mécontents et ils condamnent principalement le rapprochement entre excision et circoncision. Ils dénoncent une atteinte à un signe ancestral d'identité, notamment dans la communauté juive

Le grand rabbin de Belgique Albert Guigui ne comprend pas cet amalgame: "Je ne comprends pas que des personnalités aussi importantes puissent faire un amalgame aussi scandaleux entre la circoncision, qui est créditée d’un grand nombre d’effets bénéfiques, et l’excision clitoridienne qui limite pour la vie entière le plaisir sexuel de la petite fille qui en fait l’objet. J’ai l’impression qu’on cherche par tous les moyens à rendre la vie des minorités religieuses, juives ou musulmanes, extrêmement difficile, voire impossible à vivre en Europe".

Cependant, ceux qui ont voté en faveur de cette mesure sont clairs : pas question de faire un amalgame ou de raviver des tendances racistes. Ils veulent des règles claires sur le plan médical et sanitaire.

Cindy Ferrière et David Riffont

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