Conquête de Mars : avec sa sonde "Hope", Dubai voit la vie en rouge

Dubai au couleurs de la mission, le 9/02/2021 - et images du décollage de la sonde, en juillet dernier
3 images
Dubai au couleurs de la mission, le 9/02/2021 - et images du décollage de la sonde, en juillet dernier - © AFP/BELGA

"Hope", "Espérance", "Al-Amal". Voilà le nom donné à la sonde qui a été mise en orbite par les Emirats-arabes-Unis hier. L’engin est arrivé à proximité de Mars. Il s’agit d’une première. C’est la première mission interplanétaire signée Dubai.


A lire aussi : La sonde "Hope" des Emirats s’approche de Mars


Yaël Nazé, astrophysicienne à l’Université de Liège, était l’invitée de Sophie Brems dans Matin Prem1ère. La scientifique nous a fait part de ces impressions quand à cette ruée vers Mars.

Mission to Mars

Quelle est la mission pour cette sonde, nouvelle venue dans l’espace ? "L’idée de cette sonde est en fait de regarder constamment l’atmosphère et de pouvoir faire une espèce de satellite météo martien qui analysera l’atmosphère à différentes hauteurs en étant finalement assez loin de la planète" explique Yaël Nazé. Les images renvoyées par cette sonde ne seront pas hyperprécises, mais permettront d’offrir une belle image générale de la météo martienne. On pourra donc suivre aisément les nuages, les bancs de poussière…

Un pari pour les Emiratis

Cette volonté des Emirats arabes Unis de se lancer dans la course aux étoiles n’est pas neuve. Elle date d’il y a une quinzaine d’années. "Ils ont déjà envoyé des satellites d’observation plutôt de la Terre, et la mission suivante était Mars. C’est aussi un peu pour donner de l’inspiration à leurs jeunes, pour qu’ils puissent se lancer dans des études techniques qui sont nécessaires à cette transition au-delà du pétrole". Car c’est bien là un des buts : diminuer la dépendance de ce pays du Golfe au pétrole.

Le voyage vers Mars est toujours un pari important, selon l’astrophysicienne. Une sonde sur deux qui part vers la Planète rouge est perdue. Et dès la réussite dès le premier essai est donc à saluer pour Yaël Nazé.

Autre fait remarquable de cette mission : une femme a été nommée à sa tête. "Sarah Al-Amiri est la cheffe de mission. C’est assez exceptionnel, il n’y en a pas beaucoup, y compris chez nous. Ici, on a, dans l’ensemble de l’équipe, à peu près un tiers de femmes quand on prend tout le monde, et pour les scientifiques, c’est même la majorité qui est des femmes. Donc, oui, c’est aussi assez remarquable".

Tous sur Mars !

Ce sont trois missions qui visent la planète rouge à l’heure actuelle. Une sonde chinoise va y arriver dans les prochaines heures, suivie d’une mission comprenant un robot américain la semaine dernière. Pourquoi ce "tir groupé"? Les explications sont conjoncturelles pour la scientifique : "on ne peut pas lancer les sondes vers Mars n’importe quand, car il faut que Mars et la Terre aient des positions bien précises. C’est une configuration qui se répète à peu près tous les deux ans, et ce qui se passe, c’est qu’une fois que cette fenêtre de lancement est prête, tout le monde qui veut lancer vers Mars lance en même temps".


A lire aussi : Conquête de l’espace : la Lune et Mars plus proches de nous que jamais


Il y a du boulot sur Mars, mais il ne sera pas le même pour toutes les nations. Ainsi, "côté chinois, on est plus dans l’étude de la géologie martienne, et du côté américain, on s’intéresse plus à l’étude de l’habitabilité de Mars et la recherche de traces de vie, de bio signatures".

 

Lancement de la sonde émiratie dans notre JT du 20 juillet dernier

Espace… de collaboration

Les pays lancent leurs sondes et leurs rovers, mais coopèrent aussi entre eux. "Pour la sonde Hope, c’est assez flagrant puisqu’on a à peu près moitié-moitié au niveau du personnel américain et émirati. C’est vraiment une très grosse collaboration, c’est presque bilatéral, mais il y a aussi une contribution française à la sonde Hope. Sur Perseverance, c’est pareil, c’est une sonde américaine, mais il y a aussi des contributions d’autres pays. Je dirais qu’à peu près toutes les missions ont finalement des parties qui viennent d’un autre endroit. L’espace scientifique est donc un espace de collaboration" explicite Yaël Nazé.

Et sur Mars, il y a encore bien des choses à faire et à comprendre. "On connaît déjà pas mal de choses, mais c’est vrai qu’il reste encore pas mal de choses à faire, et notamment par exemple au niveau de la météo. Finalement, comprendre la météo dans des environnements extrêmement différents permet aussi de voir si on comprend bien, justement, tous les phénomènes physiques qui régissent le climat, la météo, etc., et permet donc aussi de mieux comprendre ce qui se passe sur Terre" poursuit-elle.

La Lune et Jupiter ne sont pas en reste

Et les projets futurs ne manquent évidemment pas. Bientôt direction Jupiter. Mais c’est surtout Mars et la Lune qui suscitent le plus d’enthousiasme actuellement. Les Emiratis prévoient en outre d’envoyer un rover rouler sur le satellite de la Terre en 2024.

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK