Conquête de l'espace : la Lune et Mars plus proches de nous que jamais

Que nous réserve l’espace en 2020 ? C’est une année charnière pendant laquelle des escapades sur la lune et sur Mars sont au programme. Pas moins de trois rovers, des petits engins motorisés seront envoyés, cette année, sur Mars. La Chine s’affirme une fois de plus comme une puissance spatiale incontournable sur la lune. Enfin, pour la première fois depuis la fin du programme des navettes spatiales en 2011, les Etats-Unis devraient, à nouveau, envoyer des hommes dans l’espace à partir de Cap Canaveral.

Crew Dragon ou Starliner : laquelle des deux capsules américaines sera habitée en 2020 ?

C’était en décembre dernier, le lancement de la capsule américaine Starliner depuis Cap Canaveral. Un demi-échec puisqu’elle devra abréger son vol et renoncer à rejoindre la station spatiale internationale. Mais, elle atterrit sans problème à son retour. Boeing, le constructeur de Starliner est le concurrent direct de Space X, la société du milliardaire Elon Musk qui a déjà réussi, lui, l’arrimage de sa capsule Crew Dragon à l’ISS. Cette année, ces deux sociétés se retrouvent dos à dos. L’un de ces deux engins devrait, endéans la fin de cette année, être envoyé dans l’espace avec trois astronautes à bord. Dans le cas de Starliner, il s’agirait d’un vol habité d’une durée de six mois.

La ruée vers les minerais lunaires a commencé

L’enjeu est vital car il relance les Etats-Unis dans la course vers la lune, 40 ans après l’arrêt des missions Apollo. " La lune, nous explique Christian Barbier, chef de projet au Centre Spatial de Liège, est une 1re étape pour les Américains. Leur calendrier est très concentré pour les cinq prochaines années : vol de contournement de la lune inhabité en 2021 et vol habité en 2024. Ensuite, ils comptent construire une station en orbite autour de la lune. Surnommée ‘gateway’, elle servirait de relais aux engins spatiaux venus de la terre avant le grand voyage vers Mars. "

Mais les Américains caressent aussi le projet d’installer une base sur le sol lunaire. Et ils ne sont pas les seuls, la Chine est sur le pas de tir. Il y a tout juste un an, les Chinois ont réussi le pari de faire alunir un petit robot sur la face cachée de la lune et ils ne comptent pas en rester là. " La Chine a d’abord une ambition lunaire. Dès cette année, nous annonce Christian Barbier, elle va envoyer une mission chargée de ramener des échantillons de minerais lunaires. Elle n’est pas la seule à s’intéresser à ces minerais lunaires. Les Américains et les Russes l’ont déjà précédée. Il n’empêche, la Chine, elle, compte, à terme, établir une base lunaire chinoise pour exploiter les ressources lunaires."

Mais de quel minerai s’agit-il au juste ? L’extraordinaire hélium-3, gaz léger présent sur la lune et nécessaire dans la fusion thermonucléaire contrôlée. Cela permettrait de régler la totalité des problèmes énergétiques de la Terre pour au moins, 10.000 ans ! 40gr d’He-3 produiraient autant d’énergie que 5000 tonnes de charbon. Et cela, Russes et Chinois l’ont bien compris, les USA aussi désormais. Ce gaz précieux est présent dans le régolite, la poussière de lune, également composée d’oxygène, d’aluminium, de silicium, de titane et de fer.

Vous l’aurez compris, la ruée vers l’or lunaire a commencé. Une lutte pour la maîtrise et l’exploitation de ces minerais est stratégique pour ces nouvelles puissances de l’espace. Mais peut-on se servir de ces minerais lunaires comme dans un supermarché ? Le Space Act, un accord international signé en 1967 ainsi que l’accord sur la lune en 1979, semblent interdire l’appropriation des astres. Ni la surface, ni le sous-sol de ces astres ne peuvent devenir propriétés d’Etat. Mais, rien n’empêche, une société privée de disposer de ces ressources !!!

A ce propos, en 2017, le Grand-Duché du Luxembourg s’est inspiré du Space Act pour voter sa propre loi autorisant l’appropriation privée des ressources spatiales. Depuis, plus rien ne l’arrête, le Luxembourg est devenu une terre d’accueil pour tous les entrepreneurs désireux de se lancer dans " l’espace mining ".

Trois rovers envoyés vers Mars en 2020

Ça se bouscule au portillon, cette année, pour aller sur Mars. Pas moins de trois rovers, un américain, un Européen et un chinois, y seront envoyés en juillet prochain. " C’est en raison des fenêtres de lancement ", nous explique Véronique Dehant, planétologue spécialiste de Mars à l’Observatoire royal belge. Pendant cette période, les fusées lancées mettront un minimum de temps (six mois), pour atteindre leur objectif. Pas étonnant, dès lors, qu’elles partent toutes en même temps. Leur atterrissage n’est pas prévu avant 2021. Les rovers à bord de ces trois fusées ont des configurations et des objectifs très différents et peu concurrentiels, selon cette experte.

" Le rover européen Exomars est un petit rover spécialisé dans le forage du sous-sol. Les rovers américains sont d’un volume plus important équivalent à une petite voiture. Ils vont parcourir énormément de distances pour voir ce qui se passe à la surface du sous-sol martien ".

Lara : un instrument bientôt sur Mars 100% belge

A bord de la fusée européenne exomars, il y aura aussi un instrument pas plus grand qu’une boîte à chaussure. C’est le 1er instrument 100% belge qui devrait bientôt être sur Mars. Lara, c’est son nom, dès qu’il atterrira sur Mars renverra une onde radio envoyée depuis la terre. Celle-ci permettra de mesurer la vitesse de rotation de la planète Mars et d’apprendre si son centre est liquide ou solide. " Quand une planète tourne, elle tourne de manière différente selon le poids de son noyau. Un œuf cuit et un œuf non cuit tournent de manière différente. C’est exactement la même chose pour les planètes, nous explique véronique Dehant.

2020, donc, un grand cru pour la conquête de l’espace et un bel espoir pour nos chercheurs belges.

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