Confinement : "Les personnes à mobilité réduite sont oubliées"

Cela fait deux mois que Nicolas Delplace, un jeune homme de 25 ans en fauteuil roulant, a dû rentrer chez sa mère. Le logement spécialisé où il vit d’habitude a fermé ses portes au début du confinement. Le problème, c’est que la maison familiale n’est pas adaptée à ses besoins… Et que Nicolas et sa mère ne bénéficient d’aucune aide.

Une maison inadaptée

Pour Nicolas, presque chaque geste du quotidien nécessite l’aide de sa maman. "Mon fauteuil roulant n’entre pas dans les toilettes, et le lève-personne non plus. Or, le lève-personne permet de soulever quelqu’un sans se faire mal au dos. Du coup, ma mère doit me porter jusqu’aux toilettes à chaque fois", raconte le jeune homme.

Et le scénario se répète dans la salle de bains : "Il y a une baignoire tout à fait classique, donc ma mère doit utiliser le lève-personne pour me mettre dedans puis me soutenir pendant le bain. Elle reste courbée tout le long, et ce n’est pas bon pour le dos".

"Le stress s’accumule"

Nicolas et sa maman ne savent pas quand le logement spécialisé rouvrira ses portes. Mais lundi, la situation va se compliquer : la mère de Nicolas doit reprendre le travail : "Le congé parental pour les enfants handicapés, c’est jusqu’à 21 ans. Nicolas a 25 ans. Donc nous n’y avons pas droit.", explique-t-elle. Le jeune homme devra donc rester seul toute la journée. "Ma mère me préparera à manger à l’avance, et me mettra une poche urinaire", précise Nicolas.

Les jours s'enchaînent et la situation devient de plus en plus anxiogène: "Ce que je souhaite dénoncer, c’est le fait que les personnes à mobilité réduite sont oubliées, surtout avec des situations comme celle-ci. Il n’y a pas vraiment de solutions mises en place pour nous. Je me suis renseigné pour des aidants proches mais ça coûte assez cher, 12 euros de l’heure, et ça ne comprend pas l’aide pour aller aux toilettes par exemple. A force, je ressens vraiment du stress, surtout à l’approche de la semaine prochaine. Le stress s’accumule et l’énervement parfois aussi", dénonce Nicolas.

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