Confinement en Belgique: "Il faut se focaliser sur les comportements positifs"

Cela fait maintenant plus d’un mois que nous sommes confinés. Des mesures qui pourraient être prolongées. Nous devrions en savoir plus dès ce mercredi, jour où le Conseil national de sécurité élargi aux ministres-présidents des entités fédérées se réunit.

Sur base des recommandations d’un groupe d’experts, il devrait encore annoncer une prolongation des mesures actuelles de confinement, au moins jusqu’au début du mois de mai. Un nouveau coup dur pour les secteurs à l’arrêt ou qui tournent au ralenti. Et pour l’ensemble de la population, c’est la perspective d’une reprise des activités sociales qui s’éloigne.


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Comment réagissons-nous à ces bouleversements et les tensions que la restriction drastique des libertés engendre dans nos vies ? C’est ce qui a été abordé ce matin en radio avec Vincent Yzerbyt, professeur de psychologie sociale et culturelle à l’UCLouvain.

Combien de temps pouvons-nous tenir ?

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, dans de telles circonstances, lorsqu’il y a des catastrophes, des situations naturelles qui pèsent lourdement sur les sociétés humaines, "on se rend compte que l’être humain a des ressources extraordinaires", nous explique Vincent Yzerbyt.

"Lorsqu’on se fixe un objectif, on est capable de tenir de très longues semaines, voire des mois".


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Ce spécialiste précise qu’avoir une idée, une date de fin de l’échéance aide aussi à tenir, mais cela fonctionne déjà avec les mesures actuelles qui sont prolongées tous les 15 jours.

Et la santé mentale ?

Pour Vincent Yzerbyt, le changement est le moment clé. "Une fois que l’on s’installe plus longtemps dans les choses, on peut trouver des adaptations, on peut voir ce qui marche ou pas et au fil du temps on peut s’habituer à des choses qui sont paradoxalement tout à fait insupportables à imaginer au départ".

La communication en temps de crise

Ce professeur en psychologie sociale a travaillé sur les émotions de groupe. Quel est son regard sur la communication du monde politique jusqu’à présent ? Premier constat, la volonté du monde politique de tenter de parler d’une seule voix. La population avait besoin de cela et de se placer derrière un destin commun.

En termes de communication, ce qui devait être annoncé n’était pas évident. Il a fallu expliquer que nous allions être privés de certaines libertés. Que des travailleurs allaient se retrouver en chômage temporaire ou encore que l’HoReCa allait devoir fermer.

Maintenant, il va falloir annoncer que cela va probablement être rallongé. Faut-il dès lors communiquer autrement ? "À la décharge des autorités", nous dit Vincent Yzerbyt, "se dire qu’on ne savait pas finalement comment on allait pouvoir gérer les choses, car on sait peu de choses finalement sur la maladie et son évolution".

Dans ce contexte, la communication s’organise correctement et la population réagit massivement et de façon positive aux recommandations explique le spécialiste. La population est aussi consciente que nous ne reviendrons pas d’un claquement de doigts à la situation d’avant la crise.

Vincent Yzerbyt rappelle aussi que la situation de confinement n’est pas la même pour tout le monde : "Ce n’est pas du tout la même chose de se trouver dans une villa à Lasne où de se retrouver dans un HLM à Forest par exemple". On peut donc comprendre que certains doivent sortir un peu plus souvent que d’autres.

Néanmoins, il faut maintenir la pression, notamment sur les règles d’hygiène et de distanciation sociale, car sans cette solidarité nous ne parviendrons pas à lutter contre cette maladie, précise-t-il.


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La délation

La délation n’est-elle pas l’illustration de fissures dans la société ? Pour Vincent Yzerbyt, il y aura des difficultés dans la population : "Nous sommes dans une démocratie, nous ne sommes pas dans une dictature", a-t-il rappelé. "Qu’il y ait des divergences entre les différents groupes dans la population est une très bonne chose. Tous ne rencontrent pas la même situation… Je ne suis pas du tout certain qu’il y ait beaucoup de délation. Je ne suis pas du tout certain qu’il y ait beaucoup de problèmes. Je crois que l’on doit se focaliser sur les comportements positifs…".


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