Confinement : du muguet « solidaire » dans les librairies et les boulangeries

C’est une initiative qui fleurit un peu partout en Belgique : pour aider les fleuristes contraints de rester fermés au moins jusqu’au 18 mai, de nombreux commerces locaux proposent de vendre leurs brins de muguet. Un bel élan de solidarité.

Aujourd’hui, à Luttre, on trouve des fleurs chez les boulangers "Desclin" et "La Campagne". Des vraies, qui se mettent dans un vase. Parce que celles-là ne sont pas faites en chocolat. Ce sont des grappes de petites clochettes blanches à vendre. Et l’argent ici va au fleuriste "A fleur de pot" qui se trouve juste à côté. "Je ne sais pas comment je ferais sans cette magnifique entraide", raconte la gérante Sandrine Quertemont.

J’avais commandé mille brins de muguet en février, bien avant le confinement, du coup, pour les écouler, j’ai demandé à mes voisins si je pouvais mettre une petite table dans leur boulangerie pour les revendre …

Cette solidarité, Chantal Vanweyenbergh la vit également. La gérante du magasin de fleurs "Marie-Thérèse" à Gosselies peut compter sur le soutien de deux commerces voisins, la chocolaterie "Bruyerre" (qui est aussi fournisseur de boulangerie) et la librairie "Genius" située à Viesville. "J’ai un gros lot de brins de muguet à écouler", précise cette fleuriste. "On a peur de ne pas pouvoir tout vendre … C’est un gros risque pour nous. Jusqu’à présent, nous avons vendu un quart du stock. Alors on espère qu’avec l’aide de ces commerces, on va pouvoir sortir la tête de l’eau."

Et la fête des mères ?

Il faut dire que la période est très intense. Il y a la fête du 1er mai et, tout de suite après, la fête des mères à préparer et à gérer. "Il y a des jours avec et des jours sans", précise la fleuriste de "A fleur de pot".

Hier, j’ai travaillé jusqu’à 21h… C’est très dur parce qu’il faut faire des livraisons en un temps record, y compris pour la fête des mères.

Mais là aussi, c’est compliqué. Et ce n’est pas la fleuriste de "Marie-Thérèse" qui dira le contraire. "Les instructions ne sont pas précises. On a entendu qu’on reculerait peut-être la fête des mères… Si c’est le cas, ça va de nouveau bouleverser notre travail mais aussi nos ventes. Notre objectif est de continuer, pour ne pas mettre nos employés en chômage technique."


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En attendant la possible réouverture des fleuristes le 18 mai (si le plan de déconfinement se déroule comme prévu), l’Union royale des Fleuristes de Belgique souhaite saluer les initiatives nées ci et là pour aider les fleuristes. "Tout le monde n’a pas l’occasion de faire de la vente en ligne donc beaucoup sont confrontés actuellement à des difficultés financières", explique Luc Bourquin, président de l’URFB. "C’est d’autant plus dommageable que les grandes surfaces, elles, peuvent vendre des fleurs. Mais nous respectons la loi et les règles sanitaires. Nous travaillons maintenant à la reprise, en prévoyant des masques, des gants et du plexiglas."

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