Condamné pour sexisme et incitation à la haine raciale sur Twitter: une première en Belgique

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temporary-20190610123145 - © LOIC VENANCE - AFP

Sur les réseaux sociaux, il se faisait appeler "Fidelio". Et il postait des messages racistes tels que "Les marocains, il faut les abattre !" ou encore " La seule façon de détruire la vermine marocaine est de s'attaquer simultanément à tous ceux qui s'expriment en faveur de l'Islam".  Or, la loi antiracisme protège toute personne contre la haine, le mépris ou l’hostilité en raison de sa prétendue race, sa couleur de peau, nationalité, ascendance et origine nationale ou ethnique. "La loi nous protège contre la violence et la discrimination, sans pour autant entraver le débat politique", rappelle Unia, le Centre pour l'égalité des chances. 

L'anonymat ne protège pas les auteurs d'incitations à la haine raciale contre une condamnation

Suite au dépôt de plainte, et sur demande des autorités judiciaires belges, Twitter a retrouvé l'identité de la personne derrière le pseudo "Fidelio". "Les autorités belges ont fait cette demande en estimant que les propos tenus étaient contraires à la loi. Twitter a donc finit par donner l'identité de cette personne qui a multiplié les comptes. Des comptes qui étaient fermés, puis réouverts, ce qui lui a permis d'occuper le terrain sur Twitter", affirme, Patrick Charlier, le directeur d'Unia. Le Tribunal correctionnel d'Anvers a donc pu punir cet homme pour incitation à la haine et à la violence à l'encontre des personnes d'origine étrangère.

Créer de faux comptes pour brouiller les pistes ne protègent donc pas d'une condamnation, et ce jugement démontre que "de nombreuses personnes imaginent encore que sous le couvert d’un pseudo sur internet, tout est permis. Et bien non : les réseaux sociaux ne sont pas une zone de non-droit ", comme le précise Unia sur son site internet. 

Condamné aussi pour cyber-harcèlement sexiste: une première

Cette affaire est aussi une première, car l'auteur de ces propos a aussi été condamné pour du cyber-harcèlement à caractère sexiste. En 2016, Els Keytsmann, la directrice néerlandophone d'Unia est victime de harcèlement de la part ce fameux "Fidelio", sur Twitter. Il lui envoie deux à trois par semaine des messages d'insulte à caractère sexiste, tels que "sale pute", mais aussi des tweets contenant des propos haineux à son encontre.

L'homme s'assurait également qu'aucun des messages ni tweets la concernant lui échappe en mentionnant son nom de manière explicite sous la forme de @Els Keytsmann. "Cela m'a beaucoup touché. Je me sentais menacée, vous savez, car je ne savais pas qui se cachait derrière ce compte. Si c'était un homme, un groupe de personnes ou des gens dangereux. Et, cela m'a autant touché que si j'avais été agressé de manière verbale dans la rue ou dans un bar. Ce n'est pas parce que cela se passe sur Twitter que cela nous affecte moins", raconte-t-elle.

Els Kreytsmann décide alors de porter plainte. "J'ai dénoncé les fait à la police afin de dire que ce n'est pas acceptable. C'est très important de signaler de tels agissements et dire stop." L'homme a donc été identifié, et passé en jugement au Tribunal d'Anvers, comme expliqué plus haut. "Il ne s'est jamais excusé. Lors du procès, son avocat a dit que j'étais trop sensible, que j'étais une personnalité publique et donc je pouvais encaisser les critiques. Mais ici, ce ne sont pas des critiques. C'était des insultes."

L'auteur des propos a été condamné à 10 mois de prison avec sursis et 750 euros de paiement de dommages et intérêts. Une autre collaboratrice d'Unia a également été victime d'insulte de la part du même homme. Elle a reçu un dédommagement de 500 euros.

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