Condamné à 19 ans à 5 ans de prison avec sursis : "L'autisme ne peut tout excuser"

Illustration - Le tribunal correctionnel d'Hasselt a condamné vendredi un homme de 19 ans à cinq ans de prison avec sursis probatoire pour tentative d'assassinat.
Illustration - Le tribunal correctionnel d'Hasselt a condamné vendredi un homme de 19 ans à cinq ans de prison avec sursis probatoire pour tentative d'assassinat. - © PHILIPPE LOPEZ - AFP

Un jeune homme de 19 ans a été condamné ce vendredi par le tribunal correctionnel d’Hasselt à cinq ans de prison avec sursis probatoire pour tentative d’assassinat.

Le 18 décembre 2017, le jeune homme, autiste, avait poignardé au cou son ex-petite amie âgée de 13 ans. Elle avait reçu trois coups de couteau. Les entailles étaient profondes, mais aucune fonction vitale n’avait été touchée.

Le jeune homme bénéficie de ce sursis à certaines conditions. Il doit chercher activement du travail ou pouvoir démontrer une occupation significative en journée. Il doit également suivre une thérapie.

Précisons que la victime avait fait tourner une photo de lui dénudé sur les réseaux sociaux. Le jeune homme, très en colère, avait préparé sa vengeance.

« L’autisme ne met pas à l’abri des responsabilités »

Cette condamnation n’étonne pas Eric Willaye, directeur général de la Fondation SUSA (UMons), une fondation d’utilité publique qui a pour mission le diagnostic et l’accompagnement des personnes avec autisme de tous âges.

« L’autisme ne met pas à l’abri des responsabilités. L’autisme peut expliquer des modalités réactionnelles ou peut expliquer la façon dont quelqu’un perçoit une situation. Mais en dehors de cela, ce n’est pas pour ça qu’elle ne peut pas être rendue responsable des actes qu’elle commet. Et là, une évaluation de la réelle capacité à comprendre les actes, qui sont des actes acceptables et les actes qui sont inacceptables, devra être produite », explique ce psychologue de formation.

D’où l’importance d’une évaluation individuelle : dans ce genre de situation, « une évaluation devra être faite sur la situation spécifique de la personne. On ne peut pas traiter la question de manière générale quant à l’autisme. L’autisme recouvre des conditions extrêmement variables allant de personnes qui sont dans des degrés de dépendance pour lesquels il faut les aider dans tous les actes de leur vie journalière. Donc, il s’agira de réaliser une évaluation à la fois des capacités intellectuelles et des capacités relatives aux relations sociales : comment la personne comprend ces relations sociales, comment elle comprend les émotions des autres, comment elle est capable de gérer ses propres émotions, comment elle est capable de gérer son impulsivité vis-à-vis des situations auxquelles elle est confrontée. Et là, la réponse quant à l’autisme ne donne absolument aucune réponse fiable par rapport à cette question ».

« L’autisme ne peut tout excuser »

Reste que « les problématiques d’impulsivité doivent être prises en compte », précise Eric Willaye. « Et là, certaines personnes avec autisme peuvent être fortement impactées dans leur capacité de propre gestion de leurs propres émotions, voir de la compréhension des émotions d’autrui. Et ça, c’est l’autisme dans sa problématique de la communication sociale ».

Dans le cas de cette condamnation par le tribunal correctionnel d’Hasselt, une photo du jeune autiste dénudé avait été publiée sur les réseaux sociaux. Ce qui « permet de comprendre pourquoi on commet acte comme celui-là, autiste ou non ». Reste que « s’il y a eu préparation de l’acte, ce n’est pas un acte impulsif ». La responsabilité de son auteur est donc davantage engagée. « L’autisme ne peut tout excuser ».

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