Comprendre l'alphabet de l'ADN et de l'ARN pour lutter contre le cancer

Cette découverte publiée dans la revue scientifique "Science" devrait permettre de mieux lutter contre des maladies comme le cancer. Pour ces généticiens belges, il s'agit de comprendre d'abord l'alphabet de notre ADN ou de notre ARN pour proposer, à terme, des traitements de plus en plus personnalisés contre les tumeurs. L'équipe de l'ULB, l'université libre de Bruxelles, avait déjà décrypté des anomalies dans notre ADN, notre grand livre personnel. Aujourd'hui, elle lève le voile sur le rôle essentiel d'un deuxième livre personnel, tout aussi important que le premier, l'ARN. Jusqu'ici les biologistes pensaient que cet ARN n'avait qu'un rôle mineur dans notre organisme. Aujourd'hui, une chose est claire, c'est que des anomalies dans l'un de ces deux grands livres personnels, même minimes peuvent expliquer l'apparition de tumeurs cancéreuses.

Une petite cédille sous la lettre C qui peut tout changer

Pour François Fuks du laboratoire d'épigénétique du cancer de l'ULB "chaque patiente souffrant d'un cancer du sein a son propre cancer et il faudra arriver à le détecter et le traiter de manière personnalisée". Pour mieux comprendre, plongeons au cœur même de nos cellules, dans notre ADN, notre grand livre personnel. Il se compose de 4 lettres qui se suivent et qui permettent de former des sortes de mots -les gènes-. Il suffit parfois d'une petite cédille sous la lettre "C" pour que le mot formé ne signifie plus la même chose. Par exemple, poursuit le chercheur, "mon prénom "François" si vous enlevez la cédille vous allez le lire "Franquois" ce qui ne veut pas dire la même chose. Dans le cadre d'un cancer, la signification d'un mot, et donc, d'un gène sera différente et pourra entraîner des altérations pour la cellule". L'anomalie est "épigénétique". Elle est réversible et effaçable grâce à des composées chimiques. Le traitement est déjà utilisé avec succès dans certains cancers du sein.

L'ARN, un deuxième grand livre personnel tout aussi important que l'ADN

Aujourd'hui, grâce à une sorte de scanner dernier cri, la même équipe vient de décrypter l'ARN, un vrai deuxième livre personnel qui est la transcription du premier, l'ADN et qui a, lui aussi, un rôle essentiel. Là encore, une petite cédille perturbatrice peut changer le sens des mots. François Fuks explique: "Le fait de pouvoir décrypter ce deuxième livre pourrait nous fournir un arsenal supplémentaire pour diagnostiquer et traiter les cancers".

Affiner la connaissance de ce langage génétique devrait permettre de personnaliser davantage les traitements, c'est une révolution qui est en marche pour lutter contre le fléau que constituent les cancers.

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