Climat: comprendre l'accord de la COP24 en trois questions

Comprendre l'accord de la COP24 en 3 questions
Comprendre l'accord de la COP24 en 3 questions - © JANEK SKARZYNSKI - AFP

Quelles ambitions pour la COP24? Pourquoi les ONG ne sont pas satisfaites? Que faut-il retenir des décisions prises par les quelque 200 pays à la COP24 sur le climat? Réponse en trois questions.

Qu'a-t-il été décidé?

La COP24 n'aboutit pas à de nouvelles avancées mais dote avant tout l'accord de Paris - de 2015 - d'outils qui lui donneront vie, sous forme d'un manuel d'utilisation de plus de cent pages. Pour rappel, l'accord de Paris vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre afin de contenir "bien en dessous" de 2°C, voire à 1,5°C, la hausse des températures moyennes mondiales par rapport au niveau pré-industriel. La COP 24 se limite donc à répéter la demande de mise à jour des engagements d'ici 2020.

Les règles d'application précisent notamment comment compter les émissions. Elles prévoient que les pays soumettent tous les deux ans un rapport expliquant leurs actions, soumis à l'évaluation d'experts mais sans pouvoir ouvrir la voie à des sanctions. Tous les cinq ans, à partir de 2023, les pays feront le "bilan mondial" de leurs efforts collectifs.

Pourquoi les ONG ne sont pas satisfaites?

Il y a quelques semaines, les scientifiques du Giec tiraient la sonnette d'alarme: dans un monde à +2°C, objectif minimal de l'accord de Paris, les impacts seraient bien plus importants que dans un monde à +1,5°C, la limite idéale de l'accord. Mais pour rester sous +1,5°C, il faudrait réduire les émissions de CO2 de près de 50% d'ici 2030 par rapport à 2010. Et pourtant, les engagements actuels des Etats annoncent un monde à +3°C avec son lot de tempêtes, sécheresses, inondations...

De nombreuses ONG de défense du climat réclamaient dès lors une réponse forte de la COP24 avec un engagement clair de tous les pays à réviser à la hausse d'ici 2020 leurs promesses de réductions de gaz à effet de serre. Mais les pays n'ont pas pu s'accorder là dessus, notamment devant l'opposition de pays comme les Etats-Unis ou l'Arabie Saoudite.

Y a-t-il quand même des avancées?

Une trentaine de pays, réunis au sein de la "High ambition coalition", ont co-signé avant la signature de l'accord à Katowice une déclaration appelant à accélérer le tempo dans la lutte contre le réchauffement climatique. Les Pays-Bas, le Luxembourg, la France ou l'Allemagne ont paraphé ce texte, toutefois nullement contraignant d'un point de vue juridique.

Notons que la Belgique, elle, n'a pas été en mesure de co-signer la déclaration, en l'absence d'accord du gouvernement flamand et ce, même si le fédéral, la Wallonie et Bruxelles avaient donné leur accord. L'absence de signature de la Belgique a été fustigée mercredi par les ONG et plusieurs parlementaires belges présents à Katowice.

 

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