Commerces essentiels : certains libraires ont perdu 80% de leur chiffre d'affaires

Commerces essentiels : certains libraires ont perdu 80% de leur chiffre d’affaires
Commerces essentiels : certains libraires ont perdu 80% de leur chiffre d’affaires - © Jupiterimages - Getty Images

Les librairies font partie des commerces essentiels définis par le Conseil National de Sécurité. Elles peuvent donc rester ouvertes pendant le confinement. Mais leur chiffre d’affaires a chuté drastiquement et les libraires se retrouvent coincés face aux deux choix qui s’offrent à eux : rester ouvert et perdre de l’argent ou fermer et ne pas avoir droit à la prime régionale.

Abdellah Charif est libraire à la Gare du Midi. Aujourd’hui, il lance un cri d’alarme : "Nous sommes déjà une centaine de collègues libraires en difficulté". Ces libraires sont principalement installés dans les gares, les aéroports et les centres commerciaux. Et de faire un rapide calcul : "La plupart d’entre nous ont déjà perdu plus de 80% de leur chiffre d’affaires".

Peur d’être contaminé

Avec le confinement, les gares, les aéroports ainsi que les centres commerciaux se sont vidés. Il n’y a plus de passage, plus de navetteur, les clients ont déserté les lieux. Et quand il y a bel et bien un client, Abdellah Charif regrette le manque de civilité. "Nous devons souvent faire face à de l’agressivité", déplore le libraire. Et de préciser que les personnes qui sont encore présentes dans les gares sont souvent des "sans-abri, des gens ivres qui recherchent de l’alcool ou encore des pickpockets qui rôdent", observe-t-il.

Le libraire souligne également une inquiétude partagée au sein de sa profession : "Nous avons très peur d’être nous-mêmes infectés".

Une prime pour les libraires ?

Face à ces inquiétudes, Abdellah Charif et plusieurs de ses collègues ont décidé de fermer leur commerce. Mais c’est un choix très difficile à poser. Le Conseil National de Sécurité n’impose pas la fermeture des points presse. Les libraires ne bénéficient donc pas de la prime régionale. "C’est inéquitable", estime le libraire de la Gare du Midi.

Le secteur espère qu’une solution pourra être rapidement trouvée sur le modèle des coiffeurs. Pendant un premier temps, les salons de coiffure ont été autorisés à poursuivre leur activité avant de se voir eux aussi dans l’obligation de fermer leurs portes.

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