Comment sont fabriqués nos passeports, sésames vers des vacances lointaines

Quelques 700 000 passeports belges imprimés chaque année.
Quelques 700 000 passeports belges imprimés chaque année. - © Entreprise Zetes

C’est le compagnon de voyage quasiment incontournable des vacances à l’autre bout du monde. Chaque année, près de 700 000 passeports belges sont imprimés. Couverture cartonnée, coloris rouge sombre… avec son design immuable, il ne paie pas franchement de mine. Et pourtant, nos passeports sont un concentré de technologie.

L’entreprise privée Zetes est chargée d’imprimer ces livrets, pour le compte de l’Etat belge. Le lieu de production se trouve quelque part en région bruxelloise mais pour des raisons de sécurité, nous ne sommes pas autorisés à vous en dire plus. En revanche, nous avons pu pousser les portes de cette imprimerie, histoire de vous raconter comment cela se passe.

Filigrane et encre invisible 

Et des portes, il faut en franchir plusieurs avant d’accéder à la salle hautement sécurisée où sont confectionnés les passeports. Dans un bac, les fameux livrets attendent de passer sous la presse. Ceux-là sont vierges. Ils sont fabriqués en Finlande, puis envoyés en Belgique où ils seront personnalisés.

"Nous avons acheté une machine faite sur mesure pour la production du passeport belge, précise Jacques Mignon, responsable du site de production. Elle fait environ dix mètres de long. Le passeport fait son cheminement dans la machine, de station en station."

Première étape: la personnalisation de la puce incrustée dans le passeport. Toute une série de données y sont insérées, notamment les empreintes digitales du titulaire.

Deuxième étape: l’impression de la première page. "Le nom, le prénom, le sexe, la photo, la date d’émission du passeport et la signature, énumère de mémoire Jacques Mignon. Ces données sont imprimées et, dans la foulée, séchées par un système de lampe UV."
Un film plastique fait office de deuxième page. Toutes les informations y sont une nouvelle fois imprimées grâce à un système laser, "notamment la photo, qui est reproduite sous forme de micro-perforations.

Enfin, ultime étape: la troisième page passe sous une autre imprimante pour en ressortir  toute blanche…à première vue en tout cas. "A la lumière du jour, on ne voit rien. Mais quand on expose cette page à la lumière d’une lampe UV, toutes les données apparaissent", révèle le responsable du site, en joignant le geste à la parole.

Nouvelles tactiques de fraude

Toutes ces précautions feraient de nos passeports des documents très difficiles à falsifier. "C’est quasiment impossible", affirme même Dominique Bulcke, du SPF affaires étrangères. "Depuis l’arrivée du passeport biométrique, on constate que les faussaires n’essayent plus de fabriquer de faux passeports ou de falsifier des passeports perdus ou volés. Ils essaient plutôt de se construire une fausse identité pour obtenir un véritable passeport". Des formations ont donc été mises sur pied, pour sensibiliser les agents communaux à cette nouvelle problématique.

  • 350 : le nombre de passeports imprimés en une heure
  • 650 000 - 700 000 : le nombre de passeports belges imprimés chaque année
  • 19 : le nombre de déclinaisons de passeports (classique, d'urgence, diplomatique, pour personnes apatrides, dans chacune des langues nationales...)
  • 1 à 2 minutes : le temps qu'il faut pour imprimer un passeport
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