Le virus de la peste porcine africaine est "extrêmement résistant" et se transmet "rapidement"

Pour une fois, mettons une photo d'un marcassin mignon
Pour une fois, mettons une photo d'un marcassin mignon - © RALF HIRSCHBERGER - AFP

Sur le plateau de Week-end Première, Annick Linden, professeure à l'ULg, du le réseau de surveillance sanitaire de la faune sauvage, vient nous expliquer l'épidémiologie du virus de la peste porcine africaine. La maladie, déjà présente dans les pays de l'Est depuis plusieurs années, est arrivée en Wallonie vers la mi-septembre. En ce 22 septembre, neuf individus infectés ont été confirmés, et une vingtaine de cadavres sont toujours en analyse. Les recherches portent sur une zone de 63.000 hectares, interdites à la circulation forestière pour au moins jusque mi-octobre.


                  ►►► Cartographie précise de la zone infectée


Dix à quinze jours entre l'infection et la mort

"L’évolution est assez rapide quand le virus est introduit dans une population vierge, comme c’est le cas dans notre pays. Entre le moment où l’animal est infecté et où il va mourir, il y a entre 10 et 15 jours, temps d’incubation compris. Les animaux vont arrêter de manger, avoir de la fière, essayer de s’isoler. On peut donc observer des animaux qui ont une démarche chancelante, pour les plus malades, et qui essayent de se cacher."

Les sangliers se cachent pour mourir...

"Il arrive donc qu’on les retrouve dans des endroits très difficile d’accès. Il arrive aussi qu’ils meurent près de l’eau, et dans des endroits ombragés, à cause de la fièvre. Un indice de terrain très important aussi, c’est de trouver plusieurs cadavres au même endroit. C’est le signe d’une maladie contagieuse, qui s’est propagée rapidement sur plusieurs animaux au même endroit au même moment."

Un virus extrêmement résistant...

"Un des problèmes de ce virus est qu’il est extrêmement résistant dans le milieu extérieur, et il peut rester virulent pendant des années dans la viande congelée. C’est vraiment un problème dont il faut être informé, et c’est la raison pour laquelle nous, mais aussi les chasseurs et les agents du DNF, devons respecter des règles de biosécurité très strictes afin de ne pas disperser le virus par des activités humaines. En zone infectée, lors des prélèvements de terrain, nous avons des salopettes qui couvrent entièrement le corps, un équipement complet bien évidemment."

... qui se transmet très facilement

"Entre sangliers, la transmission peut être directe ou indirecte : souvent par voie oro-nasale, ils rentrent en contact, se lèchent le bout du groin. Lorsque l’animal est infecté, le virus est présent dans le sang, dans toute une série d’organes, mais aussi dans toutes les sécrétions et excrétions. C’est tout cela qui fait voie de transmission de manière directe. Mais, les sangliers et les porcs peuvent aussi être contaminés par voie indirecte, en ingérant des aliments contaminés ou en rentrant en contact avec un cadavre infecté. C’est la raison pour laquelle on doit absolution évacuer les individus malades."

La Wallonie se prépare depuis plusieurs années

"On est face à une crise sanitaire très grave, parce qu’elle touche le secteur porcin. Cela fait déjà plusieurs années que nous nous y préparons, aussi bien l’AFSCA, que la Région wallonne ou les chasseurs, via des séances de formations, des conférences depuis deux ans. Et depuis janvier 2018, on a augmenté le réseau de vigilance sur le terrain.

Je n’ai aucune idée sur l’origine, il y a plusieurs hypothèses : via l’introduction de produits ou de sous-produits de suidés (ou porcins, ndlr) en provenance de pays infectés, ou l’introduction de suidés de pays infectés."

Actuellement, la piste de l'alimentation infectée abandonnée en forêt est privilégiée par les autorités, les importations de sangliers étant interdites en Belgique. Mais des témoignages sur des lâchages de sangliers d'élevage étrangers se font de plus en plus nombreux dans le milieu de la chasse.

Importation illégale de sangliers : les langues se délient

Les témoignages se succèdent : un garde-forestier nous a livré un nouveau témoignage édifiant. De manière anonyme, il confirme l'importation illégale de sangliers destinés à une chasse où l'on tire beaucoup. Cette importation concerne-t-elle beaucoup de sangliers ? " Il y en a beaucoup, je ne sais pas mais le phénomène existe, c'est certain.

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