Comment s'organise actuellement l'ultradroite en France ?

Six personnes liées à une mouvance d'ultradroite ont été interpellées par les services antiterroristes français pour un projet d'action violente envers Emmanuel Macron. "Cette enquête vise un projet, imprécis et mal défini à ce stade, d'action violente contre le président de la République", a précisé une source proche de l'enquête.

A ce sujet, et bien avant cette annonce, Frédéric Charpier enquêtait sur l'extrême droite française dans son livre "Les plastiqueurs". Il était l'invité de François Heureux dans Jour Première.

Les militants d'extrême droite s'invitent masqués dans des débats de société classiques

Pour Frédéric Charpier, cette ultradroite se caractérise notamment par une profonde xénophobie. "Cette ultradroite est un nationalisme assez classique mais aussi un nationalisme à caractère européen. Les identitaires sont très présents sur ce créneau. Ils progressent par réseautage, par les voies de communication modernes Ils arrivent à se faire entendre bien au-delà de ce qu’ils sont réellement, parce qu'ils sont bien moins nombreux que ce qu'ils essaient de faire croire."

Mais cette ultradroite n'est plus structurée et organisée comme elle l'était lors de la guerre froide. L'organisation vertébrée a été remplacée par un réseautage entre groupuscules. "Ce réseautage est caractérisé par des gens en regroupent en réseau d'anciens, qui se déplacent pour faire des conférences et qui font ce qu'on appelle de la méta-politique. Ils parviennent à faire entendre leur voix mais en avançant masqué. Ils se camouflent derrière des débats de société comme le mariage pour tous, l'accueil des migrants ou même actuellement l'augmentation du prix de l'essence actuellement en France. C'est une manière pour eux de ramener à leur cause un tas de gens qui n'ont pas forcément d'opinion politique à la base."

Vers un terrorisme d'extrême droite ?

Du débat de société classique au terrorisme d'extrême droite, y a-t-il un lien ? Dans le cas d'Emmanuel Macron de ce mardi, la menace à son encontre est-elle crédible ? "On a eu en France l'affaire Clément Méric (du nom d'un militant d'extrême gauche frappé à mort par des militants d'extrême droite en 2013, ndlr). Mais en Allemagne, il y a eu des phénomènes bien plus graves comme l'organisation d'assassinats d'étrangers. On constate effectivement un retour du recours à la violence extrême matérialisée par l'utilisation d'armes, dont des armes à feu. Bien que ce soient des nationalistes, ils sont camouflés dans des activités illégales connexes comme le trafic d'armes ou de stupéfiants. En conclusion, la grande question pour un service de renseignement est de savoir s'il y a des gens susceptibles de mettre en pratique la menace, de la transformer en violence terroriste avec toutes les compétences techniques que cela requiert."

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