Comment reconnaître les signes d’un accident vasculaire cérébral ? Comment réagir face à un AVC ?

La Ligue Cardiologique belge organise en cette fin septembre sa traditionnelle "semaine du cœur". Avec pour thème cette année, l’accident vasculaire cérébral (AVC).

Noémie Ligot, neurologue et présidente du Belgian Stroke Council, un conseil d’experts pour les AVC au niveau belge, était ce lundi matin l’invitée de La Première.

Tout d’abord, qu’est-ce qu’un AVC ?

"Un AVC est une souffrance du cerveau liée à l’arrêt de l’arrivée du sang dans une région du cerveau. Ça peut être dû à une thrombose, dans la majorité des cas, c’est-à-dire que l’artère est bouchée, et dans une minorité des cas, il s’agit d’une hémorragie, c’est-à-dire que l’artère se rompt et le sang sort de l’artère."

En quelques chiffres, peut-on mesurer l’ampleur de cette maladie sur la population belge ?

"C’est 24.000 à 28.000 personnes par an en Belgique, ce qui veut quand même dire trois personnes toutes les heures qui vont faire un AVC en Belgique. C’est grave, puisqu’une personne sur deux va décéder dans l’année qui suit l’AVC et une personne sur trois va garder un handicap permanent de cet AVC."

Comment peut-on le reconnaître, cet AVC ? Comment peut-on réagir si on parvient à identifier les signes ?

"Les signes les plus fréquents vont être un côté de la bouche qui va être dévié, un bras ou une jambe qu’on bouge moins bien que d’habitude ou bien des difficultés à parler. Ce sont vraiment les signes les plus fréquents qui sont rencontrés et si on les observe chez quelqu’un ou si on les remarque chez soi, il faut tout de suite appeler le 112 et se présenter à l’hôpital, aux urgences."

Il y a une question de rapidité de réaction, c’est très important ?

"Oui, ça concerne les AVC liés à une thrombose, parce que si on débouche très rapidement l’artère, on permet que la partie du cerveau qui était en souffrance survive, parfois même sans aucune séquelle. Mais il faut aller vite pour ça. Si on laisse le cerveau dans cette situation de manque d’oxygène et de sucre, à ce moment-là, les cellules meurent et on ne sait plus rien faire."

Vous avez évoqué les séquelles. Qu’est-ce qu’on peut avoir comme type de séquelles quand un AVC n’est pas traité suffisamment rapidement ?

"Ce sont les signes initiaux, dans la majorité des cas, qui persistent. C’est donc une difficulté à bouger un côté du corps, une difficulté à parler ou à comprendre ce qu’on dit, parfois des difficultés à avaler. C’est en fait ce qu’il reste de cette région du cerveau qui va être dysfonctionnelle.

Mais, petit à petit, on peut quand même récupérer d’un AVC, même si on n’a pas pu le traiter initialement. Ça va dépendre d’un patient à l’autre et ça va plutôt être des phénomènes de compensation du cerveau, où d’autres régions vont essayer de faire ce que la région abîmée n’arrive plus à faire."

Ce sont des séquelles qui peuvent être très lourdes. Est-ce qu’il y a moyen de prévenir ? Parce que là, on parle de signaux une fois que l’AVC est là, mais il y a peut-être des comportements qui permettent d’éviter d’en arriver là ?

"Une grande majorité des AVC sont liés aux facteurs de risques cardiovasculaires, la même chose que pour l’infarctus du myocarde, c’est-à-dire l’hypertension, l’hypercholestérolémie, le diabète, le tabagisme, la surcharge pondérale, le fait de ne pas bouger assez.

Donc, si on identifie et on traite ces facteurs de risques s’ils sont là, on peut minimiser, diminuer significativement le risque d’AVC et d’autres maladies cardiovasculaires."

Est-ce que l’AVC peut aussi toucher des personnes plus jeunes ? On est dans un cas de figure un peu différent ?

"Oui. C’est évidemment moins fréquent chez les personnes plus jeunes, parce que ces facteurs de risques n’ont pas eu le temps de faire les dégâts comme chez des personnes plus âgées, c’est-à-dire au-delà de 60 ans en règle générale.

Mais les causes de l’AVC chez le sujet jeune vont être fort différentes. Ça va être des artères qui s’abîment à cause d’un mouvement ou d’un sport un peu extrême, les drogues, comme la cocaïne, et d’autres causes plus rares qu’on doit rechercher."

Vous aviez envie de mentionner un point qui vous tient à cœur, c’est que dans la prise en charge de ces AVC, il n’y a pas d’homogénéité dans tous les hôpitaux en Belgique. Pouvez-vous nous expliquer ?

"Ce qui se passe, c’est qu’une loi a été éditée en 2014, légiférant ce que les hôpitaux devaient rencontrer comme critères d’expertise pour pouvoir traiter les AVC à différents niveaux. Malheureusement, cette loi n’est toujours pas appliquée en raison de problèmes politiques et autres.

Donc, pour l’instant, chaque hôpital fait ce qu’il peut et ce qu’il veut par rapport aux soins de l’AVC. Si vous faites un AVC à un endroit, vous serez emmené, par les règles du 112, dans l’hôpital le plus proche, sans tenir compte du degré d’expertise de l’hôpital puisqu’il n’est pas connu."

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