Comment les universités belges accueillent-elles les étudiants étrangers?

Chaque année la Belgique accueille de plus en plus d'étudiants hors union européenne. 
Chaque année la Belgique accueille de plus en plus d'étudiants hors union européenne.  - © JOHN THYS - BELGA

Ils sont près de 1500 à l'Université Catholique de Louvain, 4600 à l'Université Liège et près de 2250 à l'Université Libre de Bruxelles. Chaque année la Belgique accueille de plus en plus d'étudiants hors union européenne. Mais lorsqu'on est un étudiant étranger, il n’est pas toujours évident de s’intégrer dans une université d’accueil. Passé le premier obstacle de la langue, se présentent les différences de coutumes, les horaires. Le séjour académique d’un étudiant international ressemble à un parcours d'obstacles.

Chaque université met en place sa propre politique pour faciliter l'intégration des étudiants étrangers. L'UCL accueille ainsi chaque année près de 1500 étudiants étrangers inscrits dans des programme réguliers. Et 800 étudiants qui sont dans des programmes de mobilités. Selon Dana Samson Protectrice à l'international de l'UCL, il existe un dispositif spécifique d'accompagnement qui est mis en place chaque année: "Ce dispositif est centré sur l'accompagnement, l'assistance, et l'encadrement des nouveaux étudiants étrangers. Cela peut être un accompagnement pour les formalités d'inscription, pour trouver un logement ou pour s'inscrire à la commune. Parfois si cela nécessite le déplacement d'un de nos collaborateurs de la Coordination Générale des étudiants Internationaux (CGEI) il le fait sans problème."

Le contact personnel avec un autre étudiant facilite l'intégration, c'est un ingrédients nécessaire

La CGEI (Coordination Générale des Étudiants Internationaux) est l’organe qui représente et défend les droits de tous les étudiants internationaux de l’UCL auprès des autorités. En collaboration avec l'UCL, la CGEI organise chaque année une soirée d'intégration pour les étudiants. Une manière, selon Beatriz Gomez, permanente à la Cgei, "de mettre en contact les étudiants entre eux, afin de faciliter leur intégration... "Nous accompagnons aussi tous les étudiants boursiers dans leur première démarche car nous sommes en partenariat avec l'Administration Des Relations Internationales de l'UCL. Celle-ci nous met immédiatement en contact avec les étudiants boursiers. Les non-boursiers sont aussi prévenus de notre existence et la plupart d'entre eux prennent contact avec nous dés leur arrivée. Nous les accompagnons autant que possible"

Certains universités ont mis en place un système de parrainage entre étudiants. l'idée est de mettre en contact un étudiant belge et un étudiant étranger. L'objectif, ici, est de faciliter l'échange entre étudiants et ensuite de montrer aux étudiants étrangers les traditions et la culture belge. "Le contact personnel avec un autre étudiant facilite l'intégration, c'est un ingrédients nécessaire ", Précise Dana Samson.

On essaye de favoriser autant que possible la mixité, pas forcément des étudiants de mêmes origines

L'ULG qui accueille plus de 4600 étudiants étrangers de 122 nationalités est aussi impliqué dans l'encadrement des étudiants étrangers. Dans cette université, un service de qualité de vie des étudiants a été mis en place. L'objectif de ce service est aussi d'assurer un encadrement et l'accompagnement personnalisé de tous les étudiants y compris les étrangers. "Nos étudiants ont la possibilité d'avoir un parrain également étudiant. Il va se charger de les accompagner dans leurs premiers pas à l'université, afin d'être à jour le plus rapidement possible", Explique Nicole Taton responsable du service qualité de vie des étudiants de l'Université de Liège. "On essaye de favoriser autant que possible la mixité, pas forcément des étudiants de mêmes origines, et c'est cela qui fait la force de notre société". ajoute-t-elle.

A l'ULB où près de 2250 étudiants sont des étrangers hors UE, l'administration a mis en place une structure "International Welcome Desk", qui assure l'accompagnement des étrangers dans leurs études. L'ULB envisage aussi de créer des ateliers de formation interculturels pour permettre à l'encadrement et aux étudiants de se comprendre mutuellement.   

Les étudiants qui viennent poursuivre leurs études ici, sont majoritairement non-boursiers au moment où ils quittent leurs pays d’origine. Or, le coût des études en Belgique est particulièrement élevé pour eux. Notamment dans les grandes écoles où il n’est pas rare de débourser jusqu'à 10 000 € par an. D’où la nécessité de trouver rapidement un emploi pour financer ses études, son loyer et d’autres besoins.

De l'avis de Lauriane Meyap étudiante camerounaise en Master Sciences de Gestion, "Le plus difficile est de renouveler mon titre de séjour. Mes parents ne sont pas riches et je suis obligée de travailler pour subvenir à mes besoins. Je n'ai donc parfois pas le temps de bien étudier. Du coup cela devient difficile pour moi car je peux perdre mon titre de séjour si je triple la classe"

L'étudiante ajoute: "C'est aussi difficile de s'adapter à l'université car l'enseignement est plus rigoureux ici, voire plus difficile. La peur de l'étranger fait que nos camarades de classe ont du mal à nous faire confiance.  Même pour les travaux pratiques, il est plus difficile de s'intégrer dans groupes. Et le plus souvent le souvent le professeur ne réagit pas à cela".

Sandra Murillo n'est pas du même avis que Lauriane, cette étudiante colombienne déclare ne pas avoir trop de problèmes. Selon elle "les difficultés existent, mais si l'étudiant est bien orienté depuis le début, il y a moyens de s'en sortir". elle déplore toutefois le fait que les universités n'essaient pas d'adapter leur programme en fonction des étrangers qui arrivent dans notre pays. Surtout que la barrière de la langue peut parfois constituer un réel obstacle.  

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