Comment les musées doivent s'adapter pour leur réouverture

Le confinement est tombé au plus mauvais moment pour le musée Horta. Le lendemain de cette décision gouvernementale, aurait dû s’ouvrir la grande exposition de l'année, consacrée à l’"ornement Art Nouveau ". Aujourd’hui, les organisateurs espèrent une reprise d’ici quelques semaines, mais tout cela ne sera pas sans conséquences.

Pessimisme du conservateur du musée Horta

Le public sera-t-il au rendez-vous ? Pas facile de répondre à cette question car 85 % des visiteurs viennent de l’étranger et sont le principal apport financier du musée. Pour le conservateur, Benjamin Zurstrassen, les choses se présentent très mal : "Je n’ai pas de boule de cristal, car la situation de post confinement est beaucoup plus difficile à gérer, que celle d’un musée fermé avec des charges coupées durant le confinement. Ici nous allons retrouver des charges pour un public qui va diminuer de 85% ".

En termes d’emplois, les travailleurs du musée, aujourd’hui au chômage, ne pourront reprendre du service cet été qu’en fonction de l’évolution des activités et des finances du musées.

"Je pense que cette exposition sur Horta et l’art nouveau, que les visiteurs pourront découvrir cet été, sera la dernière avant 2022 ", déplore Benjamin Zurstrassen.

Un sentiment mitigé sur les réservations en ligne

Pour ne rien arranger, la réservation de tickets en ligne sera obligatoire, ce qui risque de réduire encore l’afflux de visiteurs. Benjamin Zurstrassen ne peut s’empêcher de comparer avec les conditions de réouverture de grosses structures, comme les jardineries ou les grands magasins de sports par exemple. Mais il est résigné: "Je pense que les réservations en ligne ne sont pas indispensables car nous sommes une petite structure. Je vais devoir engager quelqu’un pour les gérer. Et puis cela risque aussi de décourager les visiteurs (…) Je ne comprends pas (…) mais nous suivrons les recommandations car mieux vaut trop de sécurité que trop peu ".  

Le musée Horta a aussi subi quelques modifications de parcours. Notre guide y voit là un certain avantage: "Le visiteur arrivera comme s’il entrait dans la maison de Horta. La circulation y sera simplifiée et plus confortable. C’est une conséquence positive inattendue. "

 

La grande exposition Monet

La grande exposition Monet quant à elle, rouvrira ses portes lundi au centre de Bruxelles. Là aussi la billetterie en ligne est imposée et l’entrée de l’expo a été restructurée. "Il y aura un flux unique, ce qui nous permettra d’expliquer aux visiteurs toutes les mesures que nous avons prises (…) pour respecter les mesures d’hygiène au sein de l’exposition ", explique le vice-président de " Exhibition Hub ", David Zylberberg. A l’entrée, le public sera invité à se désinfecter les mains avec du gel hydroalcoolique et chacun recevra un masque.

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David Zylberberg, vice-président de " Exhibition Hub " © RTBF

A l’intérieur, toute la scénographie a dû être revue en dernière minute. " Monet était un passionné de jardinage et au départ, le but de l’expo était de plonger le visiteur dans une jungle. Le public passait sur un pont ou devant de grands rideaux de fleurs, mais on ne peut plus le faire car de nombreux matériaux étaient en contact direct avec le visiteur", explique David Zylberberg.

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Expo Monet © RTBF

Dans un autre espace, le public est aussi invité à porter un casque de réalité virtuelle pour se promener dans l’univers de Monet. Mais cette activité a elle aussi dû être quelque peu réaménagée. " Nous avons décidé de couper la pièce en deux parties et nous n’accepterons que dix personnes à la fois, divisées par groupes de cinq. Pendant que les cinq autres profitent de l’expérience, les premiers masques seront entièrement désinfectés ".

Tous ces efforts d'adaptation seront d’application dans la plupart musées du pays dans les mois à venir.

 

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