Comment le Musée juif s'est-il relevé de l'attentat?

Le 24 mai 2014, le Musée juif de Belgique à Bruxelles, dans le quartier du Sablon, était la cible d'une attaque terroriste. Une bénévole et un collaborateur du musée ainsi qu'un couple de touristes israéliens y ont perdu la vie sous les coups de feu. Quatre ans plus tard, l'auteur présumé, Medhi Nemmouche, doit être jugé à quelques centaines de mètres de là lors d'un procès d'assises. À ses côtés, sur le banc des accusés, il y aura également Nacer Bendrer soupçonné de l'avoir aider à mettre au point l'attaque.

Une nouvelle programmation 

Après l'attaque, le musée est resté fermé pendant quatre mois. Dès le début, il a fait le choix de l'ouverture : "Plutôt que de se refermer sur nous-mêmes, de raconter uniquement l'histoire et la culture juive, on a voulu s'ouvrir au maximum. On a voulu élargir nos thématiques, parler de sujets juifs, mais également du vivre-ensemble, du dialogue interculturel, de l'identité de manière générale. On a voulu aller aussi vers des publics plus fragilisés", explique Bruno Benvindo, directeur des expositions du musée. 

À son ouverture, le musée a décidé de poser une question : "Bruxelles, terre d'accueil ?". Une immersion photographique du photographe Herman Bertiau dans le salon de Bruxellois s'interrogeant sur les vagues de migration et notamment celle du peuple juif. L'exposition est un succès, 10.000 visiteurs sont au rendez-vous.

De mai à septembre 2018, le musée a visé un autre public : des touristes d'un jour, des amateurs de musique. L'exposition sur les racines juives de la star Amy Winehouse a attiré 10.000 visiteurs également. 

D'octobre 2018 à mars 2019, Leonard Freed, un photographe de l'agence Magnum interroge le spectateur sur le désordre du monde.

Né à Brooklyn, dans une famille juive ouvrière, il relate les événements suivant la Seconde Guerre mondiale, il parle des luttes contre les discriminations sociales, de mai 68, de la libération sexuelle ou de la lutte pour les droits civiques. Il s'est rendu en Europe, aux États-Unis et au Proche-Orient.

Une exposition permanente et évolutive appelée "Traditions" sera en cours d'élaboration pendant trois ans. C'est, pour le musée, l'occasion de faire découvrir la collection juive la plus importante de Belgique, de parler de l'histoire des Juifs en Belgique, de la manière dont la religion est vécue au quotidien.

Un changement physique: la sécurité 

Si le visiteur sera rapidement immergé dans le spectacle lors de l’exposition qu'il va visiter, il constatera à l'entrée un dispositif de sécurité mis en place après l'attentat de 2014 : un sas de sécurité, un portique de détection des métaux. Au musée, on précise que ce dispositif existe aussi, malheureusement, dans beaucoup d'autres lieux publics désormais.

Les militaires ne sont plus présents à l'entrée en permanence. Désormais, il s'agit d'équipes volantes.

Le musée a décidé d'aller de l'avant. C'est déjà le cas dans ses activités. Il reste encore un procès qui se tiendra pendant près de deux mois.

Après les audiences préliminaires de ce 20 décembre, le tirage au sort des jurés aura lieu le 7 janvier. Le procès proprement dit commencera lui le 10 janvier 2019.

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