Comment l'extrême-droite gère les villes, l'exemple de Béziers

Le nouveau maire avec sa femme Emmanuelle Duverger et la fille de celle-ci lors son électrion le 4 avril
Le nouveau maire avec sa femme Emmanuelle Duverger et la fille de celle-ci lors son électrion le 4 avril - © SYLVAIN THOMAS - BELGAIMAGE

Depuis le 4 avril dernier, le maire de Béziers (71.000 habitants) est Robert Ménard, l’ancien président et fondateur de "Reporters sans frontières". Il a été élu avec l'aide du FN et de diverses autres formations politiques de droite. Dès son arrivée au pouvoir, le premier magistrat municipal a pris des dizaines de mesures... dont certaines surprenantes.

Le nouveau maire a mené une campagne qu’il a appelée "transpartisane", c’est-à-dire "sans couleur politique", ce qui est rigoureusement exact, mais seulement en physique puisque le noir est en effet l’absence de couleur tandis que le blanc résulte de l’addition de toutes. Question couleurs Robert ménard s'y connaît en mélanges : passé à l’extrême-droite après un passage par l’anarchisme, le trotskisme, le communisme, le socialisme, l’ex-journaliste né à Oran (Algérie) a été élu maire de Béziers avec le soutien du FN, de Debout la République, du Mouvement pour la France et du Rassemblement pour la France, des listes ayant pour point commun d’avoir la barre résolument calée à tribord toute.

Une de ses premières actions comme maire a été de débarquer le chef de la police municipale, de recruter 10 nouveaux policiers en promettant de doubler les effectifs, d’armer les agents et d’élargir leurs horaires. Il a aussi instauré dans le centre de Béziers un couvre-feu pour les mineurs de moins de 13 ans, de 23 à 6 heures en été. D’autres arrêtés un peu curieux ou anecdotiques, ou très évidents, ont créé la polémique : interdiction de battre les tapis après 10 h du matin, proscription des crottes de chien et du stationnement illicite, interdiction de placer des paraboles aux balcons, d’étendre le linge au balcon côté rue dans certains quartiers…

Cette semaine, Robert Ménard a proposé aussi de réinstaurer, à l’école publique ou privée, la blouse d'écolier, sur laquelle sera brodé le blason de la ville, et ce afin de "lutter contre les inégalités". Pour les uns ce sont des mesures prises par de nombreux maires ou simples syndics d’immeubles ailleurs en France, sans que cela suscite de réactions, pour d’autres, ce sont des mesures discriminatoires ciblant certaines communautés.

Ces mesures sont diversement appréciées par les Bittérois (les habitants de Béziers), certains n’y voyant pas malice, d’autres se disant résolus à braver les nouveaux interdits en dépit des amendes annoncées en cas de transgression de ces nouvelles règles du vivre ensemble à la Ménard.

Ce qui est clair par contre c’est la position du nouveau maire face à la communauté homosexuelle : en tant que candidat, il a déclaré " qu’il ne célébrerait aucun mariage homosexuel " mais il refuse l’épithète d’homophobe, tout en se disant "fier d'avoir été de tous les défilés de La Manif pour tous", le principal collectif d’associations opposées à la loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe.

Patrick Bartholomé

 

 

 

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