Comment l'AFSCA lutte-t-elle contre les fraudes alimentaires?

Les œufs contaminés au fipronil ou la fraude à l’étiquetage chez Veviba, des affaires décelées par un service bien particulier de l’AFSCA : l’Unité Nationale d’Enquête. Son travail ? Prévenir, détecter et réprimer toutes les fraudes qui touchent au secteur alimentaire. Pour cela, ils sont 15 agents. Comment travaillent-ils ? Rencontre avec Charlie Leroy, inspecteur vétérinaire et membre de cette unité.

En quoi consiste votre travail ?

"Notre but, c’est de rechercher les infractions, voir comment les gens ont triché, où ils ont fraudé et comment on peut le prouver. C’est très différent du travail qu’effectuent les unités locales de contrôles (NDLR : ces unités s’occupent principalement des inspections de 'routine'). Leur objectif c’est de vérifier que l’hygiène est bien respectée, que les infrastructures sont bonnes, que les gens encodent leur traçabilité comme il faut. Ils peuvent parfois trouver des indices de fraudes, mais déterminer qu’un document est falsifié, ce n’est pas toujours facile à mettre en évidence."

Quels sont les éléments qui vous permettent de déceler une fraude ?

"En fonction du dossier que nous traitons, nous pouvons réaliser des prélèvements ou nous intéresser à la traçabilité. La traçabilité, c’est notre métier. C’est ce qu’il y a de plus important. Que ce soit celle des animaux, de la viande, des produits, des médicaments. En général, c’est par là que nous mettons en évidence les fraudes. "

Qu’est-ce qui vous pousse à enquêter sur une entreprise ?

C’est très variable. Parfois ce sont nos collègues d’autres services qui soupçonnent quelque chose et qui nous demandent d’aller faire un contrôle plus poussé. On peut également aller dans une entreprise à la demande des douanes ou de l’unité anti-braconnage. Cela peut aussi faire suite à une plainte, à une information qui nous est transmise par l’étranger ou simplement à la demande du parquet.

Combien de dossiers traitez-vous par an ?

"En 2016, nous avons traité plus de 600 nouveaux dossiers. Il y a 6 ou 7 ans, nous étions plutôt à 400 et ça n’a fait que croitre chaque année. Aujourd'hui, nous avons une équipe qui commence à avoir pas mal d’expérience et cela nous aide. Nous avons également tissé des liens avec différents parquets, policiers ou services de contrôles."

Combien de temps prend une enquête ?

"Disons que les enquêtes les plus intéressantes et les plus grosses prennent des années. J’ai encore une enquête qui a débuté en 2012. Quand on commence une enquête, on ne sait jamais où ça va nous mener. Lorsqu’il y a un risque de santé publique, on essaie de neutraliser le problème le plus rapidement possible mais pour cela il faut trouver la source, les traces. Si c’est interne à la Belgique, en général c’est relativement rapide. Mais quand ça passe par un pays étranger, il faut communiquer avec ce pays, que l’enquête s’y développe et ça peut prendre plus de temps."

Les fraudes ont-elles évolué ces dernières années ?  

"Les principes de fraudes sont toujours les mêmes, sauf qu’avec l’informatique on peut faire beaucoup de choses. Certaines fraudes qui étaient avant grossières sont plus difficiles à mettre en évidence aujourd’hui parce que les fraudeurs se sont améliorés dans leurs systèmes. Ils se perfectionnent pour éviter les contrôles de l’agence. La fraude est également de plus en plus internationale. Aujourd'hui, on travaille beaucoup avec la France et avec les Pays-Bas."

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