Comment expliquer la stagnation actuelle des chiffres du Covid-19? Les hypothèses de Marius Gilbert

Ce lundi 7 décembre, le Centre inter-fédéral de crise en charge du suivi de l’évolution de l’épidémie Covid-19 en Belgique a tenu une conférence de presse tri-hebdomadaire.

Le mouvement de ralentissement ne semble pas uniquement dû à l’évolution de la stratégie de testing, puisque désormais, le nombre d’admissions à l’hôpital tend à stagner, et que ça ne peut pas, par définition, être lié au test d’asymptomatiques.

Sur le plateau du journal télévisé de 19h30, l’épidémiologiste Marius Gilbert venait donc commenter les éléments de cette stagnation. Mais selon lui, la tâche est ardue : "C’est assez difficile à dire en toute objectivité, On doit faire des hypothèses".

La première qu’il développe est que la vigilance individuelle soit liée aux contaminations : "Quand on est en phase croissante de l’épidémie avec des contaminations à taux élevé on fait attention. En revanche, lorsque l’on est dans une phase descendante comme on l’a été en cette fin novembre, la population ferait moins attention", explique-t-il tout en qualifiant cette hypothèse de "phénomène assez humain".


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Une seconde hypothèse développée par Marius Gilbert est saisonnière : "Le froid peut jouer sur moins de ventilation suite aux températures, la météo en général".

Deux ennemis

Il pointe deux ennemis pour sa troisième hypothèse. Le premier est direct et se combat dans le secteur des soins de santé, mais le second est indirect et tient du bien-être mental de chacun.

"Il faut vraiment tenir bon, mais demander à tout le monde de tenir bon c’est consacrer beaucoup d’énergie à aider les gens à tenir bon", défend l’épidémiologiste sur le plateau. Le secteur de la santé mentale va jouer un rôle important à l’avenir et Marius Gilbert exprime son souhait à ce propos : "Il faut investir l’espace public avec cette question du bien-être mental tout autant que la lutte contre le virus dans les hôpitaux". Tout en mettant l’accent sur le manque cruel de chiffre quant à ce sujet de la santé mentale.

Adapter ses comportements sur la solidarité

"On est plus dans la phase critique des hôpitaux, et donc quand cette souffrance s’éloigne, toutes les autres resurgissent", estime-t-il au sujet de ce mal-être et de l’effort à apporter en ces fêtes de fin d’année. "Adapter ses comportements sur la solidarité" est la solution apportée en plateau par Marius Gilbert qui poursuit "il faut faire corps au niveau collectif face à un ennemi commun".


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Ne pas relâcher pour les fêtes

Passer plusieurs heures à plusieurs facilite la transmission du virus, on le sait. Cependant, si on relâche pour un évènement, c’est ouvrir la possibilité d’un effet domino aussi qui engendrerait une remontée du virus. En conclusion pour Marius Gilbert : "L’idée c’est de vraiment tenir bon et mettre en place les dispositifs de compensations pour tous les impacts indirects que ce 'tenir' bon engendre".

"Ça serait prendre un risque que de relâcher les efforts aux fêtes de fin d’année, sinon on risque de le payer", conclut l’épidémiologiste.

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