Comment éviter de tomber dans le piège des faux sites de vente en ligne?

Dans son rapport annuel, l'Ombudsfin, le service de médiation des services financiers, fait à nouveau état d'une forte augmentation des demandes d’intervention concernant les paiements et comptes de paiement. Pour l'année dernière, ce ne sont pas moins de 4295 demandes de consommateurs et d’entreprises, qui ont été introduites, ce qui représente une augmentation de 18,9%.

Faire preuve de vigilance

Le consommateur, première cible des fraudeurs devant les entreprises, doit donc rester sur ses gardes face aux nombreux types de fraudes en ligne comme le phishing, le hacking ou le skimming dont il pourrait être victime.

"Lorsque l'on procède à un achat en ligne, il faut toujours vérifier les procédures qui vont être mises en place, et notamment les modes de paiement proposés", explique Olivier Bogaert, commissaire à la police fédérale (DJSOC-FCCU).

"La plupart du temps, on doit fournir des informations liées à son domicile pour la livraison mais aussi par rapport à la carte de banque. Il faut donc être particulièrement attentif lors de la finalisation d'une commande."

Certaines pratiques permettent par exemple de s'assurer plus de sécurité lors d'une opération en ligne. "Je conseille d'utiliser une carte de crédit classique mais prépayée. Plusieurs services comme la Poste vous la proposent", explique Olivier Bogaert. "Vous la chargez avec le montant requis pour votre commande et si vos données sont malheureusement récupérées, il ne sera pas possible de procéder à d'autres achats parce que le montant est limité à ce que vous placez dessus."

D'autres petits gestes permettent également de se mettre à l'abri de certaines pratiques frauduleuses. "Lorsque vous êtes sur un site de vente en ligne, vous devez généralement vous créer un compte", précise Olivier Bogaert. "Je conseille par exemple de vous créer une adresse spécifique pour les achats en ligne. Celle-ci ne sera pas associée à votre adresse mail personnelle qui peut éventuellement contenir des informations relativement confidentielles", explique le spécialiste.

"Pour plus de sécurité, et en ce qui concerne la livraison, choisissez plutôt des points de livraison proposés par plusieurs structures plutôt que de renseigner l'adresse de votre domicile", rajoute-t-il. 

Même si certaines plateformes font état de la mention HTTPS qui permet d'assurer une sécurisation du transfert des données, à savoir l'échange d'informations de votre ordinateur et la structure qui héberge le site en question, tout risque n'est pas à exclure. "Il faut y être attentif", explique Olivier Bogaert. "Cela ne veut pas dire que certaines plateformes malveillantes ne peuvent pas se dissimuler en utilisant des processus sécurisés. Il y a toujours une nécessité de se documenter vis à vis des plateformes en ligne et de vérifier l'avis d'autres utilisateurs."

Gare aux intermédiaires

Bien que les sites de e-commerce sont les principaux concernés, les sites de petites annonces, tels que 2èmemain.be, sont également la cible privilégiée des fraudeurs. 

"C'est fréquent. La personne va être contactée assez rapidement par rapport à l'objet qu'elle met en vente. Puis on va lui proposer de régler le paiement rapidement en passant par l'intermédiaire d'autres structures ou plateformes comme DHL, dont le nom va être utilisée pour la tromper", poursuit Olivier Bogaert.

"Elle va soi-disant être contactée par DHL pour que l'objet en vente soit pris en charge mais pour cela il faut adhérer à une assurance ou bien fournir un certain nombre d'informations", poursuit-il.

"Ensuite, on lui fait comprendre que l'argent sera versé sur un compte. Dans un second temps, la société va alors s'assurer que les informations fournies sont bien correctes mais en fournissant ces informations, on peut passer à ce que l'on appelle une fraude au Digipass où la personne est invitée à donner son code d’identification pour s’authentifier. Ce qui va permettre de lancer d'autres processus de paiement et faire ainsi de la personne une victime."

De nombreuses personnes peuvent également tomber dans d'autres types de pièges et être victimes de diverses propositions qui leur sont faites, comme des fraudes à l'héritage.

De manière générale, Olivier Bogaert précise qu'"il faut toujours faire face aux données que l'on fournit sur les réseaux sociaux car cela peut permettre à des gens mal intentionnés de construire un scénario crédible sur base de ces informations".

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK