"Comment est-ce que je vais arriver jusqu'à la fin du mois ?", la précarité étudiante grandissante dénoncée par la FEF

Aujourd’hui, c’est la journée internationale des étudiants, et à cette occasion, la Fédération des étuditant-e-s francophones dénonce, depuis plusieurs années, une précarité étudiante grandissante. La crise sanitaire n’a fait qu’exacerber cette réalité et les inégalités présentes dans l’enseignement supérieur.

La Fédération a lancé ce 2 novembre une marche virtuelle contre la précarité et pour le refinancement public de l’enseignement supérieur. Plus de 1500 étudiants ont participé à l’action et ensemble, ils ont dépassé les 47 millions de pas contre la précarité et pour le refinancement.


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Cette manifestation virtuelle avait pour objectif de faire prendre conscience des difficultés que certains étudiants éprouvent en cette période. Yassin fait partie de ces étudiants qui éprouve des difficultés : "Chaque début de mois, je me demande comment je vais faire jusqu’à… même pas la fin du mois, mais jusqu’à trois semaines ou deux semaines avant. Et je fais attention et à un moment j’ai dû faire un prêt pour pouvoir continuer mes études. Concrètement, chaque début de mois, ce n’est même pas "comment est-ce que je vais terminer le mois ?", c’est "comment est-ce que je vais arriver jusqu’à au moins la moitié ou les trois semaines ?".

Yassin est très loin d’être un cas isolé. D’ailleurs à 13h00, ses chaussures ainsi qu’une centaines d’autres paires seront déposées par la Fédération devant le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles afin de représenter le millier d’étudiants mobilisés pour cette action.

32% des étudiants éprouvent des difficultés à payer leurs études

Selon une enquête effectuée par la FEF auprès de 7700 étudiants, 32% des étudiants éprouvent des difficultés supplémentaires à payer leurs études. Et pour 22% d’entre eux, cela a eu un impact sur leur capacité à payer leurs frais scolaires et 39% ont même du mal à payer leurs frais alimentaires ou soins de santé.


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"On sait qu’une année d’études, ça coûte plus ou moins entre 8000 et 12.000 euros lorsqu’on compte le logement, la nourriture, les supports de cours, les droits d’inscription, etc. donc ça monte très très vite et donc c’est évidemment compliqué pour les familles d’arriver à suivre. Ce qui oblige un quart des étudiants à jober pour payer leurs études et alors, les autres se débrouillent comme ils peuvent", déclare Chems Mabrouk.

Des aides existent mais ne sont pas suffisantes

Actuellement, des aides existent et suite à la crise sanitaire, le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles avait débloqué 3 millions d’euros mais malheureusement, elles ne sont pas structurelles et ne pourront pas fonctionner sur le long terme explique la présidente de la FEF.

"On va avoir effectivement des aides qui vont être débloquées pendant trois mois, ce qui va permettre à des étudiants de plus ou moins s’en sortir. Mais après, qu’est-ce qui va se passer ? Les conséquences de la crise sanitaire seront sur le long terme", rajoute-t-elle.

La FEF demande à la Ministre de l’enseignement supérieur d’élaborer un plan de lutte contre la précarité afin de rendre l’enseignement accessible à tous et toutes indépendamment du milieu socio-économique dont on est issu. Il est plus que temps d’agir et de trouver des réponses structurelles.

 

 

Matin Première

La présidente de la FEF, Chems Mabrouk, témoignait dans Matin Première ce mardi.

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