"Comment diable la Belgique a-t-elle fait? On peut pas faire pareil?" : notre gestion de l'épidémie impressionne les Anglais

"Comment diable la Belgique a-t-elle fait ? Et est-ce qu'on peut faire exactement pareil ?" C'est un cri du cœur lancé sur Twitter graphique à l'appui. Sur l'image ci-dessous, extraites du site "Our world in data", on voit l'évolution de la courbe des nouvelles infections quotidiennes exprimées en millions d'habitants.

Le constat est sans appel : après un pic fin octobre, la Belgique a réussi à "abattre sa courbe". Au point que cet indicateur du nombre de contamination est en baisse depuis. Notre pays se classe ainsi bien mieux que l'Union européenne en général, que les Etats-Unis... et surtout que le Royaume-Uni où le nombre de cas détectés atteint des sommets. Tout en faisant jeu égal, toutes proportions gardées, avec l'Allemagne.

Attention, ce type de comparaison entre pays a ses limites. Ainsi, rappelons que la Belgique avait adapté sa stratégie de testing le 19 octobre. Pendant quelques semaines, face à la saturation des capacités de dépistage, les personnes asymptomatiques n'ont plus été testées. Il n'empêche, d'autres indicateurs sont allés dans le bon sens.


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Alors que s'est-il passé fin octobre ? Souvenez-vous, le 30 de ce mois-là, un comité de concertation décide de la fermeture des commerces non-essentiels en plus de toute une série de mesures qui ont des airs de reconfinement partiel.

Il faut dire que la situation s'aggravait depuis quelques semaines déjà. Début octobre, Yves Van Laethem, le porte-parole interfédéral pour la lutte contre le Covid-19 faisait cette métaphore pyromane au micro de la RTBF : "On n’est pas vraiment devant une maison qui brûle, mais on est devant un feu de cave, qui n’a pas pu être colmaté par un extincteur, donc il faut de véritables pompiers pour éviter que le reste ne s’enflamme".

C'est la merde, mais on va s'en sortir

Le 31 octobre, Erika Vlieghe, infectiologue à l’université d’Anvers, est bien plus prosaïque dans Le Grand Oral sur La Première : "C'est la merde, mais on va s'en sortir." Et d'ajouter : "C’est la dernière chance. C’est comme un grand bateau qui s’approche d’un Iceberg. Depuis des semaines ont dit qu’il faut virer de bord. Maintenant on a enfin tourné le gouvernail. On est très tard. Mais mieux vaut tard que jamais.

Au cours de ce mois d'octobre entaché par un cafouillage autour des tests de dépistage du Covid-19, la situation n'a fait que se dégrader. Le 29 octobre est marqué par un record du taux de positivité : 29,2%, ce qui veut dire que 3 personnes sur 10 qui se font tester sont positives. D'autres tristes sommets suivront : celui des admissions à l'hôpital (le 3 novembre) et des patients en soins intensifs (le 9 novembre). La deuxième vague n'est plus une crainte, elle est devenue une réalité.

Il faudra donc toute la fermeté d'un Franck Vandenbroucke bien décidé à ne pas écouter ses détracteurs, pour remettre le bateau droit. Certains n'ont en effet pas oublié sa volonté de créer un "effet de choc" en fermant à nouveau les magasins non-essentiels fin 2020.

Entre les dernières semaines de l'année dernière et aujourd'hui, la situation de la Belgique s'est améliorée par rapport à ses voisins (même si les comparaisons ne sont pas toujours raison). Au prix de mesures très dures, et qui le sont restées (avec des conséquences sur la santé mentale des Belges), notre pays a vu son taux de positivité et son nombre de décès liés au Covid-19 baisser fortement, comme on le voit sur ces graphiques.

L'excès de mortalité montre aussi que la Belgique, après un pic le 8 novembre (soit 3 semaines après l'entrée en vigueur de mesures instaurées le 16 octobre), se situe aujourd'hui plus bas que l'Allemagne, les Pays-Bas ou l'Angleterre.

Il reste malgré tout des efforts à faire, à l'approche d'un nouveau congé et alors que des variants du virus se propagent. En témoignent les mesures annoncées ce vendredi 22 janvier à l'issue d'un comité de concertation.


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