Journée mondiale sans tabac: vous voulez arrêter de fumer? Voici quelques conseils

Journée mondiale sans tabac: vous voulez arrêter de fumer? Voici quelques conseils
Journée mondiale sans tabac: vous voulez arrêter de fumer? Voici quelques conseils - © Jonas Hamers - ImageGlobe

Ce 31 mai marque la journée mondiale sans tabac. Comment arrêter de fumer? Quelle méthode privilégier? On fait le point avec Pierre Bartsch, pneumologue au CHU de Liège, au micro de La Première.

Tout d'abord, comment arrêter de fumer?

"Aujourd'hui, il y a des médicaments disponibles. La substitution nicotinique est toujours d’actualité, c’est une chose qui a été découverte il y a plusieurs dizaines d’années lorsqu’un médecin a constaté que les sous-mariniers suédois ne se mutinaient pas quand on leur interdisait de fumer pendant plusieurs semaines, alors qu’ils étaient en plongée parce qu’ils chiquaient du tabac. D’où l’idée de fabriquer des gommes un peu plus propres que la chique, de mettre de la nicotine dans ces gommes et d’ainsi donner ce substitut nicotinique dont le fumeur a besoin. Il a donc besoin de nicotine et il faut qu’on lui rende de la nicotine propre".

Est-ce que tous les substituts de tabac sont égaux ? Quelle méthode choisir ?

"La grande différence est la vitesse de distribution de la nicotine dans l’organisme. Les patchs, c’est très lent et ça se résorbe à partir de la peau. Les gommes, c’est un peu plus rapide. Le plus rapide, ce sont les sprays, qu’ils soient au niveau nasal — on n’en trouve plus d’ailleurs maintenant — ou au niveau buccal. Ils sont rapides, mais ils sont très irritants, donc difficiles à supporter".

Que penser de la cigarette électronique?

"Nous, tabacologues, on considère que la cigarette électronique, avec nicotine bien entendu, est un très bon substitut nicotinique et nous n’hésitons pas à la conseiller chez des gens qui ont tout essayé et qui ont tout raté".

Pourquoi arrêter de fumer?

"En général, on arrête de fumer parce qu’on est conscient des risques pour la santé. Je crois qu’il n’y a plus personne qui ignore les risques très importants de cancers, et surtout de bronchopathies chroniques, donc emphysèmes bronchites chroniques qui affectent plusieurs centaines de milliers de Belges aujourd’hui".

"C'est avant tout une démarche personnelle pour la santé. Bien entendu, le choix de la cigarette électronique c’est que ça coûte moins cher que de fumer, pour ceux qui en tout cas n’envisagent pas au début un arrêt complet et qui se disent 'je vais trouver quelque chose, une substitution à ma cigarette qui est moins toxique'".

Peut-on arrêter de fumer seul ou doit-on se faire aider?

"On peut y arriver seul, mais c’est quand même relativement rare. Environ 2 % de la population est capable de passer de deux paquets de cigarettes à 0 en 48 heures sans le moindre problème".

"La plupart des statistiques qui donnent des pourcentages de succès avec les différentes méthodes sont toujours associées avec un soutien psychologique. Donc c’est vrai qu’on a besoin d’être soutenu pendant cette démarche parfois laborieuse".

Quels sont les bénéfices d’arrêter de fumer?

"Les premiers bénéfices ressentis c’est par exemple de retrouver l’odorat au bout de 8 jours. De ne plus tousser aussi dans les 8 jours, ça peut aller très vite. Les risques de maladies cardiovasculaires s’atténuent très rapidement, dans les premières unes ou 2 années. Le risque d’infarctus mortel ou non mortel se réduit très fort. Pour ce qui est malheureusement ma spécialité, c’est-à-dire la pneumologie, les bénéfices mettent un peu plus de temps à s’installer. Donc ne commencez pas à fumer, et si vous avez commencé, arrêtez le plus vite possible".

Vers qui se tourner?

"D’abord chez leur médecin de famille. Ensuite, si celui-ci considère que la situation est compliquée - ce qui est souvent le cas -orienter vers un tabacologue ou encore mieux un centre d’aide aux fumeurs. Là-bas, on combine tabacologues, psychologues, médecins, diététiciens, etc. pour aider les gens dans cette démarche".

Que penser de la cigarette électronique?

"La cigarette électronique n’est pas un engin tout à fait simple. Il faut choisir d’abord une qualité supérieure et, en général, on prend ce qu’on appelle les cigarettes électroniques de troisième génération, qui ont une batterie suffisante pour ne pas qu’on tombe en panne, qui distribue convenablement la nicotine dans les voies aériennes. Par ailleurs, il faut avoir le conseil de son marchand ou maintenant d’un pharmacien parce qu’il y a un petit entretien, les résistances doivent être changées périodiquement, etc. Donc ça demande un petit peu de bricolage".

"En général, on conseille de vapoter, puisque c’est le terme, entre dix et quinze watts, pour celles qui sont réglables".

Que penser de l'interdiction de fumer la cigarette électronique au travail?

"Je dis que c’est vraiment pour la paix des braves, c’est-à-dire pour ne pas privilégier les vapoteurs par rapport aux fumeurs parce qu’effectivement le tabagisme environnemental qu’on connaît bien avec la cigarette n’existe pratiquement pas avec la cigarette électronique, donc il n’y a pas de nocivité pour ceux qui sont autour".

Vers une interdiction du tabac en terrasse? (sujet JT 13h):

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK