Comment aborder la rentrée sans stress?

La rentrée est source de stress chaque année. Comment l'expliquer et surtout, comment s'en débarrasser? Patrick Collignon, coach d'épanouissement spécialisé dans l'approche neurocognitive, fait le point au micro de La Première.

Pourquoi la rentrée est-elle une source de stress chaque année?

Patrick Collignon: "Il y a déjà un grand changement de rythme. D’un coup, tout le monde doit se presser alors que ça fait deux mois que les enfants sont en vacances, qu'ils n’ont plus le rythme. Ensuite, il y a toutes les nouveautés, toutes les obligations qui sont les nôtres et qu’on avait oubliées. Et il y a les vraies nouveautés comme les enfants qui rentrent à l’école, qui changent d’école, qui passent d’un cycle à l’autre, etc. Cette nouveauté est potentiellement stressante."

C’est aussi lié au climat, à la saisonnalité ?

"Oui, parce que plus il y a de soleil, plus on est illuminés. Et plus on est illuminés, plus ça va bien. En général, on est un peu moins stressé. Cela dit, je pense que la principale source de stress, c’est aussi l’idée qu’on s’en fait. Si on a ce sentiment de rentrer dans l’hiver et que ce sentiment nous pèse, on est plus stressé que si c’était juste un jour qui passait."

Ça touche tout le monde ce stress de la rentrée? Est-ce qu’il y a une forme de contagion?

"Ce n’est pas qu’il est contagieux, je crois qu’il est obligatoire. Quelqu’un qui n’est pas stressé à la rentrée a un côté suspect, comme s’il s’en foutait. Or, c’est aussi une manière de voir les choses. On dit toujours qu’il n’y a pas de situation stressante, il n’y a que notre façon de la voir qui peut nous stresser. Donc, il y a moyen de passer une rentrée sans stresser, mais ce n’est peut-être pas bien vu."

Est-ce que la période de rentrée est aussi une remise en question?

"Oui, c’est tout le principe des obligations qu’on est obligé de se refarcir. Mais là encore, soit on cherche des réponses, soit on agit. Le stress permet de s’adapter à une situation de maintenant, mais si la situation continue et qu’on continue à stresser, ça n’est plus suffisamment adaptatif. L’idée est de changer de point de vue, et même carrément d’utiliser une autre fonction de son cerveau, qui est celle d’être créatif, d’accepter les choses, etc."

Pour faire simple, il y a du bon stress et du mauvais stress ?

"Il n’y a ni l’un ni l’autre. Si je dis 'merci mon stress', c’est que c’est par définition quelque chose qui est utile, donc il est de toute façon plutôt " bon ". Et il y a le stress qu’on se choisit et le stress qu’on nous impose. Celui qu’on se choisit, c’est par exemple 10 minutes pour écrire une chronique: ça nous booste. Par contre, si quelqu’un nous donne 10 minutes pour écrire cette chronique et qu’on n’a juste pas le choix, là on a tendance à le trouver très négatif."

Quel conseil pouvez-vous donner à celles et ceux qui nous écoutent pour passer une bonne rentrée?

D’une part, vous rappeler que toutes les rentrées d’avant se sont quand même bien passées. Personne n’est mort. Ensuite, vous dire que dans un mois ça ira. Dites vous 'Qu’est-ce que j’en penserai dans un mois de ce que je suis en train de vivre maintenant ?' Et puis être cool avec soi-même. Il y a plein d’exigences en tant que parent, en tant que travailleur qui revient au travail ou en tant que parent d’élève. Donc, juste prendre du recul et accepter que ça se passe.

D'où vient le stress?

"Déjà, ce n’est pas une maladie. C’est une réaction de protection par rapport à un danger. Et comme on ne se fait plus courser par des mammouths super régulièrement, on peut se dire que le danger est notre façon de voir les choses qui est mise en danger."

"C’est donc notre vision, notre façon de voir les choses et tout ce qu’on a engrangé comme expérience qui fait que ça doit se passer comme ceci et pas comme cela. De plus, cette grosse différence entre ce qu’on aimerait qui se passe et ce qui se passe est généralement source de stress. Mais il n’y a pas de danger pour la survie. On peut donc switcher et regarder les choses avec du recul et en acceptant les choses, par exemple. Ça fait partie des remèdes réels."

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