Comme pour l'Homme, la peau des oiseaux devient plus foncée pour les protéger des rayons UV

Des biologistes de l’Université de Gand ont découvert que plus un oiseau vit près de l’équateur, plus sa peau est foncée. En effet, une peau "basanée" protège mieux contre les effets nocifs des rayons ultraviolets. Ce phénomène "évolutionnaire" qui a déjà été constaté chez l’Homme et chez les reptiles a fait l’objet d’une publication scientifique dans Nature.

Bien que le plumage des oiseaux soit étudié en long et en large, étonnamment, la peau en dessous de leurs plumes n’a jamais été examinée à la loupe. Des biologistes de l’UGent ont pourtant voulu savoir comment évoluait la couleur de la peau des oiseaux en dessous de leurs plumes et ont répertorié les couleurs de peaux d’environ 2250 espèces de volatiles provenant de différentes collections naturalistes, notamment celles de l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique. Les spécimens représentent toutes les familles d’oiseaux connues et un quart de toutes les espèces.

Assombrissement vers l’équateur

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Résultat de ces recherches : cinq pourcents des genres d’oiseaux examinés ont une peau foncée. Cette pigmentation de la peau a évolué plus de cent fois et de manière indépendante dans différents groupes d’oiseaux allant des fous (Morus) jusqu’aux oiseaux de paradis.

La mélanine qui protège contre les effets nocifs des rayons UV

Les biologistes ont constaté que la proportion d’espèces à la peau foncée est proportionnelle au rapprochement de leur habitat avec l’équateur. Ce phénomène, appelé la règle de Gloger, s’observe également chez les Hommes, les reptiles et les plumages d’oiseaux. Une des explications les plus plausibles est que la mélanine, le pigment qui colore la peau et les plumes, protège contre les effets nocifs des rayons UV.

À première vue, cette explication ne semble pas valable pour les oiseaux, puisqu’ils possèdent déjà une couche protectrice formée par les plumes et la mélanine que celles-ci contiennent généralement. Mais les chercheurs ont constaté que les oiseaux sans plumes, dont les oisillons, ont plus souvent la peau foncée. Il en va de même pour les oiseaux aux plumes blanches, qui ne contiennent pas de mélanine et qui n’offre qu’une protection limitée.

Des oiseaux qui peuvent "bronzer"

"Nous avons pu démontrer pour la première fois, que, comme chez l’Homme, la peau foncée agit comme une protection contre les rayons ultraviolets, même quand cette peau est invisible", conclut Michaël Nicolaï (UGent et IRSNB).

Certains oiseaux peuvent d’ailleurs "bronzer". Par exemple, lors de la mue des plumes sur leur tête, quand ils sont chauves et moins bien protégés, leur peau peut devenir temporairement plus foncée.

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