Comité de concertation ce vendredi : "Les faillites sont bloquées pour le moment. Que va-t-il se passer quand on va rouvrir ?" se demande l’HoReCa wallon

Un nouveau comité de concertation a lieu ce vendredi 8 janvier. Si les chiffres sont à la baisse, un assouplissement des mesures ne semble pas encore à l’ordre du jour. Aucune perspective notamment pour l’HoReCa. Les établissements ont baissé leur volet à la mi-octobre 2020. Une deuxième fermeture qui sonne le glas pour certains mais impossible de faire un bilan des faillites vu le moratoire.

"J’entendais des études comme Graydon qui disait qu’il n’y avait pas tant de faillites que ça en 2020, constate Yves Collette, administrateur de la fédération Horeca Liège – Namur – Brabant Wallon. Forcément puisqu’il y a un moratoire ! Les faillites sont bloquées pour le moment. Que va-t-il se passer quand on va rouvrir deux ou trois mois plus tard ?"

Le représentant du secteur des restaurants, cafés et hôtels énumèrent les charges qu’il reste à payer même quand un établissement est fermé. "Les assurances, c’est vrai qu’il y a beaucoup moins de risques d’avoir un établissement quand il est fermé. Est-ce qu’on adapte les primes ? Non. Au niveau des terminaux de paiement, est-ce qu’on a supprimé… ? Non, ce n’est pas dans les contrats."

Le gouvernement dit : " Arrangez-vous entre vous ", mais ça ne fonctionne pas

Mais le plus dur aux yeux d’Yves Collette, ce sont les loyers avec un manque d’intervention du fédéral sur ce point précis. "Il faudrait quand même qu’à un moment donné le gouvernement prenne son courage à deux mains et prenne des dispositions pour légiférer là-dessus, parce que soit on a un juge qui donne raison aux propriétaires, soit un juge qui donne raison aux locataires. Au final, le gouvernement dit : " Arrangez-vous entre vous ", mais ça ne fonctionne pas."


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Yves Colette propose de défiscaliser les revenus locatifs. "Et que tout le monde participe à l’effort, que ce soient les locataires, les propriétaires et le gouvernement, en sachant qu’on continue pour le moment à payer le précompte immobilier alors qu’on est fermé. Maintenant, c’est vrai que les loyers sont reportés, mais on alourdit le poids de la dette."

Une dette que certains tenanciers pensent pouvoir tirer comme un boulet. Mais pour Yves Colette, la situation est plus grave que ça. "Quand on va faire les comptes réels, pour la plupart, quand ils vont rouvrir, ils vont se rendre compte qu’ils ne pourront probablement pas tirer le poids de la dette et le fardeau et le boulet qu’ils ont au pied."

On est donc non-non-essentiels

Ce vendredi, aucun assouplissement n’est prévu par le gouvernement malgré des chiffres à la baisse. Et pourtant le secteur est suspendu à cette décision. "Il y aura d’abord nos pauvres coiffeurs, esthéticiennes, etc., pense Yves Colette. Ils sont les non-essentiels, et nous, on passe après les non-essentiels. On est donc non-non-essentiels. On remarque quand même que quand il n’y a pas d’Horeca dans les villes, regardez ce que ça donne : tristesse, manque de convivialité. Les gens se rendent compte que l’Horeca a retrouvé ses lettres de noblesse une fois que tout a été fermé."

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