Comines-Warneton: huit cimetières britanniques de la Grande guerre candidats à l'UNESCO

Seize sites wallons figurent sur la liste des 139 sites funéraires et mémoriels de la Première guerre mondiale que la Wallonie, la Flandre et la France viennent d'inscrire comme candidats à la liste du patrimoine mondial de l'Unesco. Parmi tous ces sites, huit cimetières, tous situés sur le territoire de Comines-Warneton: "Ils ont été choisis car ils ont une certaine cohérence géographique mais aussi parce qu'ils se situent sur cette commune qui est la seule de Wallonie à avoir été occupée, en partie en tout cas, par les Allemands tout au long des 4 années de la première guerre mondiale", explique Francis De Simpel, président de la Société d'Histoire de la commune.

Une première de la première guerre

Les délégués permanents de la Belgique et de la France auprès de l'ONU ont déposé la candidature au Centre du Patrimoine mondial, dont la décision devrait tomber en juillet 2018: "L'UNESCO est plutôt hésitante lorsqu'il s'agit de monuments liés à la guerre qu'elle n'aime pas commémorer. C'est pourquoi ici, les monuments doivent se limiter à l'hommages aux soldats qui ont donné leur vie et à leur mémoire. Ce qui est mis en avant ici, c'est que qu'il s'agit de l'un des premiers conflits de grande ampleur qui donnait une identité à chacun des combattants morts au front via des sépultures individuelles alors qu'avant, soit on les laissait pourrir sur le champs de bataille ou alors on creusait des fosses".

Un ancien havre de paix

Ces cimetières ont la particularité de s'ériger en partie dans une partie boisée de près de 200 hectares. A un kilomètre à peine de la ligne de front durant la guerre, cette zone faisait pourtant office de havre de paix: "C'est vrai que comme ce n'était pas directement sur le lieu des combats, moins de gens y mourraient et on pouvait y disposer les sépultures des blessés ramenés des combats mais qui ne survivaient finalement pas. Mais d'autres laissaient aussi leur vie ici, les obus tombaient également mais en moins grand nombre".

Toute la zone présente également d'autres caractéristiques rares. Alors que plusieurs milliers de dépouilles des soldats anglais, australiens, néo-zélandais ou canadiens de l'ancien Empire britannique reposent ici, aucun cimetière de soldats ennemis n'y trouve place, les autorités allemandes ayant préféré rapatrier les corps dans un lieu unique à Menin. Winston Churchill, alors lieutenant-colonel y a séjourné plusieurs mois. Adolf Hitler, simple soldat, y a connu son baptême du feu. Quelques faits uniques, parmi des dizaines, à découvrir dans cette commune dévastée par la Grande guerre. 

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