Cochons maltraités: le gouvernement flamand suspend la licence de l'abattoir de Tielt

Animal Rights dénonce la matraitance des porcs à l'abattoir de Tielt
Animal Rights dénonce la matraitance des porcs à l'abattoir de Tielt - © Capture d'écran www.animalrights.be

Le ministre flamand du Bien-être Ben Weyts (N-VA) a ordonné la suspension de la licence de l'abattoir à Tielt, ce qui l'oblige à arrêter ses activités. Cette décision a été prise après la diffusion d'une vidéo montrant les pratiques en vigueur dans cet établissement et à la suite d'une visite d'inspection.

L'organisation de défense des animaux GAIA a décidé de déposer plainte, en concertation avec l'association Animal Rights contre "les bourreaux d'animaux" qui travaillent à l'abattoir de Tielt, précise Gaia dans un communiqué jeudi après-midi. Des cas de maltraitance d'animaux sont présumés avoir eu lieu dans cet abattoir, selon des images diffusées jeudi par Animal Rights.

 

GAIA exige que les activités d'abattage de l'abattoir incriminé soient immédiatement suspendues, aussi longtemps qu'on ne peut prouver que les cruautés dévoilées ne peuvent désormais plus avoir lieu. "Mais il y a aussi un problème d'affaiblissement des normes", continue le président de Gaia, Michel Vandenbosch. "C'est un problème de culture d'entreprise, et les responsables ne sont pas uniquement les 'petits employés' mais aussi les dirigeants de l'abattoir", estime Michel Vandenbosch.

 

Animal Rights a filmé durant un mois en cachette "les pratiques frauduleuses du plus grand abattoir de Belgique", dénonce la "souffrance inimaginable" que les porcs y endurent. Animal Rights exige la fermeture immédiate de l'abattoir. Debra-Group qui détient l'abattoir de Tielt a ouvert une enquête en interne après la diffusion de la vidéo.

Les images montrent les actes de maltraitance dont sont victimes les porcs à leur arrivée à l'abattoir de Tielt et font état d'infractions à la législation relative à la protection des animaux au moment de leur abattage.

Le film, d'une durée de cinq minutes, montre notamment les chocs électriques qui sont administrés aux porcs. En outre, "nous avons vu des porcs estropiés qui sont brutalement traînés par les oreilles. Un cochon qui n'est pas en mesure de pouvoir marcher est, lui, tiré hors du camion à l'aide de chaînes autour de ses pattes."

>>> La vidéo est à voir ici. Mais attention les images sont très choquantes.

Abattus sans étourdissement et égorgés

Malgré les obligations légales qui imposent, en Flandre, l'étourdissement des animaux avant leur abattage, on peut voir sur les images à plusieurs reprises des porcs qui sont entièrement abattus sans étourdissement et égorgés, poursuit l'organisation. L'étourdissement au gaz utilisé dans l'abattoir n'est par ailleurs pas toujours efficace. La loi oblige dans de tels cas de prendre des mesures supplémentaires pour anesthésier les animaux destinés à l'abattage. Or dans la pratique, ce n'est que rarement effectué.

Certains porcs morts, durant le transport par exemple, sont quand même utilisés pour une future commercialisation alors qu'ils devraient en principe être retirés du marché. Dans le film, on entend un des travailleurs de l'abattoir déclarer: "si le vétérinaire ne le voit pas, un couteau en fera son affaire".

Delhaize stoppe sa collaboration avec l'abattoir

Le supermarché Delhaize est un client important de l'abattoir de Tielt (Flandre occidentale). La viande y est vendue avec le label "Beter voor iedereen" ("Mieux pour tous"). "Nous allons stopper notre collaboration avec l'abattoir en question, a réagi Delhaize via sa porte-parole Florence Maniquet. Nous sommes surpris et choqués par ces révélations car nous suivons les procédés d'abattage de très près. Pour Delhaize, il est essentiel que les animaux soient bien traités, et cela pour des raisons éthiques mais aussi pour garantir de la viande de qualité". D'après Delhaize, l'abattoir de Tielt était déjà contrôlé par un audit externe. "Nous avons décidé, pour les autres abattoirs fournisseurs des supermarchés, de mettre en place des audits internes, annonce Florence Maniquet. Des inspecteurs de Delhaize visiteront à l’improviste les abattoirs concernés pour s’assurer que le bien-être animal y est respecté".

Une pétition a été lancée par l'association sur le site www.animalrights.be.

Enquête interne

Debra-Group, une des plus grandes entreprises d'abattage et de production de viande porcine en Belgique, qui détient l'abattoir de Tielt, a ouvert une enquête en interne après la diffusion de la vidéo d'Animal Rights. L'entreprise n'a pas nié les faits. "Nous sommes très choqués par les images. Mais nous ne les nions pas. Il est clair qu'elles ont été tournées chez nous", a réagi le CEO de Debra-Group, Thomas De Roover De Brauwer. L'entreprise a immédiatement lancé une enquête en interne et compte ensuite prendre des mesures appropriées. "Le personnel a déjà été informé ce matin à 4h. Notre service de qualité va également commencer une surveillance constante en milieu de travail, ce qui se produit normalement de façon assez aléatoire", indique le CEO du groupe. "Nous suivrons cette affaire durant un certain temps. Nous souhaitons absolument nous assurer et garantir que ce genre de faits ne se reproduisent pas à l'avenir",affirme Thomas De Roover De Brauwer. 

Dans le reportage plusieurs séquences ont été filmées et groupées, relève Debra-Group. "Les images ont été filmées par une caméra cachée durant une période d'un mois et demi. Cette méthode de travail produit au final un reportage donnant au spectateur l'impression qu'il s'agit de pratiques courantes. Ce n'est pas le cas. L'audit externe spécialisé permanent ne le permettrait pas", affirme la direction.

Debra-Group assure encore prendre ces faits très au sérieux et répète qu'il est "impensable que les efforts accomplis par l'abattoir dans le domaine du bien-être animal soient réduits à néant par le comportement irresponsable de quelques travailleurs et personnes externes".

La direction investira dans de nouvelles formations et dans des caméras supplémentaires, afin de garantir au maximum le processus en matière de bien-être animal, promet-elle.

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