Cloner des séquoias géants pour lutter contre le réchauffement climatique: une révolution ?

Un séquoia géant peut absorber jusqu'à 250 tonnes de CO2.
Un séquoia géant peut absorber jusqu'à 250 tonnes de CO2. - © DAVID MCNEW - AFP

Le 5 février dernier, une organisation américaine a déclaré avoir planté 75 arbres. Leur spécificité ? Ils ont été clonés à partir d’ADN prélevé dans des souches de séquoias géants datant d’entre 2000 et 3000 ans.

L’organisation sans but lucratif, Archangel Ancient Tree Archive, a planté ces clones dans un parc national américain situé à San Francisco. D’après eux, la replantation de séquoias est nécessaire en raison du changement climatique. Les températures plus élevées nuisent aux séquoias les plus vieux. Or, ces arbres géants pourraient dans l’avenir jouer un rôle crucial dans la lutte contre le réchauffement climatique. Selon une association américaine promouvant le développement des parcs, le Golden Gate National Parks Conservancy, les séquoias géants seraient capables d’absorber jusqu’à 250 tonnes de CO2.

Une méthode qui pose question

Selon Archangel Ancien Tree Archive, la raison de l’utilisation du clonage réside dans le fait qu’il est impossible d’obtenir tous les gènes d’un arbre en plantant ses graines. Cette méthode permet de créer des spécimens avec les mêmes gènes que leurs ancêtres. Pierre Meerts, professeur de botanique et d’écologie à l’ULB, considère le clonage dans ce cas-ci comme un "gadget". Pour lui, la multiplication d’un seul individu entraînerait une perte de la diversité de l’espèce. "En clonant ces anciens arbres, il n’y a plus de sélection naturelle et ce ne sont pas les individus les mieux adaptés aux conditions actuelles qui survivent", explique-t-il. En d’autres termes, ces arbres datant de milliers d’années ne sont pas habitués aux conditions climatiques d’aujourd’hui.

"Miser sur une seule espèce est une erreur. Les forêts du futur auront des composantes différentes et rien ne dit que le séquoia en fera encore partie", ajoute ce spécialiste en botanique. Pour sélectionner les meilleures espèces qui résisteront au climat futur, il est nécessaire d’avoir des espaces verts où plusieurs spécimens d’arbre cohabitent ensemble.

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