Climat: "Donald Trump vit dans une caverne avec beaucoup d'air conditionné"

Une manifestation contre la décision de Donald Trump de sortir les Etats-Unis de l'Accord de Paris sur le climat, à Chicago, le 2 juin 2017.
Une manifestation contre la décision de Donald Trump de sortir les Etats-Unis de l'Accord de Paris sur le climat, à Chicago, le 2 juin 2017. - © SCOTT OLSON - AFP

Plus de 250 écoles primaires réparties dans toute la Belgique vont placer des tubes de mesure dans leur établissement. Objectif de cette opération lancée par Greenpeace : connaître la qualité de l’air que respirent chaque jour les enfants des écoles. Juliette Boulet, porte-parole de Greenpeace, était l'invitée de Matin Première ce mardi pour en parler. Elle a répondu aux questions de Mehdi Khelfat.

Quel est le but de cette opération ?

"On a commencé une campagne pour lutter contre les pollutions atmosphériques au mois de septembre en mettant à disposition du public un rapport scientifique. Celui-ci mettait en évidence que les enfants étaient particulièrement visés par les pollutions atmosphériques. Par le dioxyde d’azote en particulier, qui est émis essentiellement lors de la combustion des véhicules diesel. A présent, on passe à l’étape suivante en collaborant avec 250 écoles. Comme les enfants sont les principaux visés par cette pollution atmosphérique, on a envie de sensibiliser et de mettre en évidence cette mobilité qui pose problème autour des écoles."

On se doute que la qualité de l’air n’est pas bonne sur les routes, et encore plus dans les écoles.

"On s’en doute. Mais une opération de telle envergure avec la collaboration de 250 écoles n’a jamais été menée en Belgique. Par ailleurs, on a aussi entamé une procédure judiciaire contre les Régions qui ont la responsabilité de mesurer la qualité de l’air. Parce qu’on considère qu’elles ne mesurent pas bien cette réalité de l’exposition aux pollutions atmosphériques. Donc on veut, en collaboration avec ces écoles, montrer qu’il y a moyen de prendre ces mesures qui peuvent être aussi précises possible si tous les citoyens participent à cette initiative."

Vous dites que les enfants sont particulièrement concernés. Faire ça dans des écoles, est-ce que ce n’est pas une façon d’affoler les parents ?

"Non, parce qu’en fait les mesures vont être faites pendant un mois avant d'être envoyées vers un laboratoire qui révélera les résultats trois mois plus tard. On ne va pas révéler les résultats école par école. On ne veut pas stigmatiser les écoles. On fera une publication sur l’ensemble des résultats. Ensuite chacune des écoles disposera de ses résultats propres et on les aidera aussi à mettre en place des solutions. Parce que l’objectif, c’est d’assainir les lieux où il y a beaucoup d’enfants victimes de ces pollutions atmosphériques."

Cette opération n'arrive pas cette semaine par hasard. C’est la semaine de la COP, la conférence sur le climat qui a lieu à Bonn en ce moment. Lundi, 15.000 scientifiques du monde entier ont lancé un avertissement à l’humanité. Ils craignent une souffrance généralisée et une perte catastrophique de biodiversité. C’est quasi du jamais vu depuis les années 1992, avant le sommet de Rio. Qu’est-ce que ça vous évoque cette mobilisation des scientifiques ?

"C’est déjà ce que 1700 scientifiques disaient en 1992. En fait, ils alertaient déjà la population et les décideurs politiques. Donc c’est bien sûr une contribution bienvenue de la part de ces 15.000 scientifiques."

Il y a 25 ans, ça n’avait rien changé.

"Si parce qu’il y a quand même eu un accord à Rio qui a été quand même historiquement intéressant. Aujourd’hui, c’est encore pire. Des rapports, notamment celui de l’Organisation météorologique mondiale, mettent en évidence qu’il y a urgence, qu’on est déjà à +1,1° d’augmentation de la température globale. Donc cette contribution est bienvenue et on espère que ça va mettre un peu la pression sur les politiques qui se réunissent à Bonn puisque c’est maintenant à eux de prendre la place dans les négociations."

Des biologistes, des physiciens, des astronomes, des chimistes, des agronomes, des spécialistes du climat, des océans, de zoologie... c’est quoi l’objectif ? C’est faire taire les climatosceptiques ?

"Ça, je pense que c’est déjà fait parce qu’il n’y en a plus beaucoup. Ceux qui pensent encore ça, je pense qu’ils vivent dans une caverne."

Donald Trump.

"Donald Trump, probablement qu’il vit dans une caverne avec beaucoup d’air conditionné et qu’il ne se rend pas compte du tout de cette réalité. Mais il n’y a plus beaucoup des climatosceptiques. Je pense que leur rôle c’est aussi de mettre en évidence que l’impact du réchauffement de la planète touche tous les êtres humains, mais aussi tous les espaces naturels. Des solutions existent. Il faut les mettre en place urgemment. En 2017, plus que jamais, on a aussi une technologie à notre disposition, notamment les énergies renouvelables, pour pouvoir faire face à ce réchauffement de la planète."

Et à part ça, qu’est-ce qu’on peut faire ?

"Chacun dans notre quotidien on peut changer notre mode de transport, notre mode de consommation, notre mode d’utilisation de l’énergie et de rationalisation de l’énergie dans nos domiciles. Il y a énormément de choses à faire, qu’on soit un entrepreneur, un individu, une famille, un décideur politique... chacun a beaucoup d’outils à sa disposition pour le faire."

Quel regard vous portez sur ce qu’amène la Belgique à cette COP23 ?

"Il y a eu une résolution hier de tous les parlements. C'est une très bonne initiative. La seule chose c’est qu'il faut passer de la parole aux actes. Les paroles posées par des parlementaires sont importantes. Il y a des actes qui doivent être posés par les ministres et qui ne sont pas faits. Notamment autour du pacte énergétique. [On constate] une incapacité des politiques à s’entendre et à prendre des résolutions ambitieuses et nécessaires pour la Belgique, pour l’Europe et pour le monde entier."

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