Clap de fin pour les recherches Alzheimer chez Pfizer

C'est une mauvaise nouvelle pour les patients atteints de la maladie d’Alzheimer et leur famille. Et un mauvais signal adressé à la communauté scientifique. La société pharmaceutique internationale Pfizer a décidé d'arrêter ses programmes de recherche sur la maladie d’Alzheimer.

Avec ses 75.000 travailleurs dans le monde, la société américaine Pfizer, est un poids lourd de l'industrie pharmaceutique. Rien qu'en Belgique, la société emploie plus de 2200 personnes. Lorsqu'elle décide d'arrêter ses recherches dans le domaine des neurosciences, c'est donc un véritable séisme.

"À la suite d’une récente analyse exhaustive, nous avons pris la décision d’interrompre nos projets de recherche en neurosciences. (…). Nous sommes conscients que le domaine des neurosciences constitue un énorme besoin non satisfait pour les patients et nous avons l’intention de créer un fonds d’investissement(…) pour progresser sur ce terrain."

Pour Pierre Vanderhaegen, chercheur FNRS au laboratoire de neurophysiologie de la faculté de médecine à l’ULB, c’est une très mauvaise nouvelle pour les patients atteints d’Alzheimer et un mauvais signal envoyé à la communauté scientifique. "D’un point de vue strictement économique, c’est très difficile, sans doute, pour les entreprises pharmaceutiques dans le modèle libéral que nous vivons, de se projeter sur 20 ans."

Les années, ce chercheur ne les compte pas. Lauréat du prix Francqui, notre Nobel Belge, en 2011, Pierre Vanderhaegen est parvenu avec son équipe à générer un mini-cortex, à partir de cellules souches humaines greffées sur une souris. De nombreuses entreprises pharmaceutiques utilisent ce cortex de laboratoire pour tester des médicaments notamment pour le traitement de l’Alzheimer. Mais ce chercheur est conscient que les recherches dans ce domaine sont actuellement au milieu du gué.

Depuis qu'Alois Alzheimer a commencé à décrire la maladie qui porte son nom au début du siècle dernier, les chercheurs butent sur sa cause réelle. Les plaques d'ameloïde, ces boules de protéines du cerveau détruisent les cellules nerveuses. Mais elles n'expliquent pas à elles seules l'origine de la maladie. Aujourd'hui, la Belgique compte 200.000 personnes souffrant d'une forme ou l'autre de démence ou d'Alzheimer.

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