Cinq raisons qui expliquent la rivalité entre les Belges et les Français

Quatre raisons pour lesquelles les Belges ne s'entendent pas avec les Français
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Quatre raisons pour lesquelles les Belges ne s'entendent pas avec les Français - © Belga - AFP

C'est le match dans le match : alors que la Belgique affrontera la France ce mardi soir en Coupe du monde, les rivalités entre les deux nations se réveillent. Des rivalités qui existent depuis la nuit des temps. Ou en tout cas depuis que les Belges sont Belges. Des rivalités qui vont tellement loin que certains qualifient même l'ex-Bleu Thierry Henry, le 2e assistant de l'entraîneur Roberto Martinez, de "traître" à sa patrie.

A quelques heures d'une rencontre qui s'annonce historique sur le plan footballistique, retour sur ces (petits) moments qui ont façonné la défiance des Belges (souvent qualifiés de "petits" par leur voisin du sud) envers les Français.

Parce que les Français aiment les blagues de Coluche

C'était l'une des spécialités de Coluche : imiter l'accent belge (ou plutôt un certain accent belge) et raconter blague sur blague où le natif du plat pays était un imbécile doublé d'un amateur de frites. Nous sommes à l'aube des années 80 et déjà les Belges s'agacent de ce portrait peu flatteur.

"Aujourd'hui, outre-Quiévrain, on sent percer un certain sentiment de lassitude, note un reportage de France 3 tourné en 1979. Pour les Belges, ramener la belgitude au duo classique de la frite et de la bière, c'est un peu court."

C'est un peu court... mais ça dure. Jusque dans cette scène du film "Rien à déclarer" sorti en 2011. Benoît Poelvoorde y joue le douanier Ruben Vandevoorde. Celui-ci bout intérieurement quand l'un de ses homologues français y va de sa plaisanterie sur les Belges. Une scène qui se conclut sur un cinglant "on se tire, ça pue le Frouze ici". 

Pourtant, Coluche se défendait d'être dans la moquerie pure. "La mode (des blagues belges), je ne l'ai pas inventée", racontait-il à la RTBF en 1979, se défendant au passage de faire preuve de racisme. "C'est surtout du racisme vu de votre fenêtre parce que vu de la nôtre ça n'en est pas vraiment. Je ne crois pas."

Parce que les Français nous appellent "Nos amis belges"

Les points de vues divergent sur le sens à accorder à l'expression "nos amis belges" souvent utilisée par les Français pour désigner leurs voisins du nord. Pour les Français, cela relève de la sympathie. Pour les Belges, il faut plutôt y voir la condescendance envers un petit-cousin qui vit dans l'ombre des grands.

Sur les réseaux sociaux, c'est cette dernière impression qui l'emporte. "'Nos amis belges' Condescendance mon amour", écrivait en 2016 sur Twitter la journaliste et auteure belge Myriam Leroy. Celle-ci y voit une similitude avec l'expression "nos amis à quatre pattes" pour désigner les animaux.

"Quand on entend les Français parler de nous avec des expressions comme 'les petits Belges' ou 'nos amis belges', on les trouve très arrogants", ajoute le sociologue belge Claude Javeau cité en 2016 par le blog bruxellois de France Télévisions.

L'expression a aussi fait réagir l'humoriste Guillermo Guiz qui, dans une chronique pour le journal Le Soir, se présente comme "trésorier-fondateur de l'ALCENAB, l'Association de Lutte contre l'Expression Nos Amis Belges.

Parce que les Français ne connaissent pas notre géographie

Les Belges connaissent bien la géographie française. Et pour cause : ils sont des milliers chaque année à y passer leurs vacances, au point que les touristes belges contribuent largement à l'économie française. Mais cet intérêt est à sens unique. Les Français sont le plus souvent incapables de situer les grandes villes belges sur une carte... et ils ignorent parfois quelles langues on y parle exactement.

Ainsi en 2010, la chaîne française TF1 présentait une carte de la Belgique remaniée avec Bruxelles un peu trop au nord-ouest et, surtout, la Wallonie et la Flandre inversées avec une frontière linguistique approximative. Le lendemain, Harry Roselmack, alors présentateur du JT de la première chaîne française, avait présenté ses excuses, parlent d'une "grave erreur".

Parce que les Français épinglent la prononciation de certains mots

C'est l'un des principaux motifs de moqueries adressés à Charline Vanhoenacker, présentatrice de l'émission "Par Jupiter" sur France Inter : prononcer le chiffre "houite" au lieu de "huit" comme une "huitre". Les Français sont très à cheval sur la prononciation en "bonne" langue de Molière et ne manquent pas de le faire remarquer à leurs interlocuteurs issus de toute la francophonie.

Même chose quand il s'agit des fameux septante et nonante que certains Français semblent n'avoir jamais entendu... au point de ne pas comprendre leur interlocuteur (ou en tout cas de feindre de ne pas comprendre). Un moment résumé dans l'émission "Le juste prix" où notre Jean Barbera national doit deviner le nombre 14.298 face à un Vincent Lagaf lui-même pas avare en blagues belges.

Parce que les Français aiment se moquer de l'accent belge

Ce point est lié au précédent. Quand un Français ne croit pas qu'un Belge parle "le belge", il se moque de son accent dans toutes ses dimensions. Et il s'amuse à l'imiter dans un mélange de "une fois" et de tournures vaguement reprises d'un obscur parler bruxellois. Un atout pour les Diables rouges qui auront le goût de la revanche chevillé au bout des crampons ? "La causerie du coach belge mardi ça va être juste un montage vidéo de toutes les fois où on pensait être drôle en 'imitant' l'accent belge, on va prendre 12-0", note un utilisateur de Twitter. Puisse-t-il dire vrai.

Quand Charlie Dupont enseigne les subtilités des accents belges

Extrait du film "Il était une fois une fois" sorti en 2012.  "C'est un film qui rit avec les Belges, pas des Belges. On voulait que la Belgitude soit bien représentée. Que le Français en prenne autant dans la figure que le Belge", expliquait l'acteur Charlie Dupont au moment de faire la promotion de ce long-métrage.

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