Cimetière: le tarif des concessions funéraires oscille entre 100 à 3000 euros

Si les hommes naissent tous égaux, dans la mort ce n'est pas forcément le cas. En contactant une quarantaine de communes wallonnes et bruxelloises, nous avons pu nous rendre compte d'une grande disparité des prix pratiqués pour les concessions funéraires. En Wallonie, pour une concession de pleine terre, pour une personne et pour la durée maximale de 30 ans, les tarifs sont parfois de 100 euros mais peuvent atteindre 750 euros. En région bruxelloise, les 19 communes pratiquent plus ou moins les mêmes prix, entre 1300 et 3000 euros

L'offre et la demande, mais pas seulement

Comment expliquer de telles différences de prix des concessions funéraires ? Depuis la fusion des communes dans les années 70, les communes sont autonomes en la matière. Elles fixent les tarifs et les modalités des contrats de concessions. "Ce qui permet de déterminer les prix, c'est d'abord la demande de la population et les places disponibles. Pour les communes, l’investissement nécessaire en ce qui concernent les hommes, le matériel et la distance va aussi jouer. Si on prend le territoire de Namur, il y a une trentaine de cimetières et il y a parfois des distances particulièrement longues à parcourir pour l'entretien, ça aussi, ça va avoir un impact sur les finances", explique Arnaud Bya, responsable du service Etat civil et Population de la ville de Namur.

Pour Xavier Deflorenne, surnommé le "Monsieur cimetière" de la région wallonne, la disparité de prix s'explique aussi par la passivité de certaines communes en la matière. "Les cimetières se sont comme des quartiers qu'il faut gérer. Certaines communes ont adapté leurs tarifs en fonction du prix du foncier, du coût des entretiens et des services rendus. Mais d'autres sont restés figés dans leurs prix du passé."

Migration de populations urbaines vers des zones rurales

Depuis plus de 20 ans, Xavier Deflorenne informe et aide les communes wallonnes à mieux gérer leurs cimetières. Lui aussi constate ces différences de prix. Mais il remarque aussi que des populations urbaines déménagent vers des commune plus rurales pour bénéficier d'un autre service. "Le Belge est économe et cette disparité de prix entre les communes a amené une recherche d'emplacement avec un bon rapport qualité prix. J'ai pu observer des phénomènes de migration et dans toutes les communes, on peut remarquer qu'il y a de plus en plus de personnes extérieures qui viennent s'implanter dans les cimetières communaux simplement après un travail de comparaison de prix et de durée maximale de concessions."

Pourtant, les communes sont attentives car il y a aussi des tarifs non-résidents qui passent du simple au double voire au quintuple dans certaines communes. "Si vous êtes résidents, on considère que vous avez participé toute partie de votre vie en payant vos impôts communaux à l'entretien des sépultures et des cimetières et que vous n'avez plus à le faire. Mais si vous êtes non-résidents, vous n'avez pas encore participé à cet effort collectif et nous trouvons logique de faire participer ces personnes, un petit plus", explique Arnaud Bya de la Ville de Namur. Mais il ajoute qu'"il y a cependant des exonérations possibles. Si nous avons une personne qui a toujours habité la commune mais qui pour des raisons familiales ou médicales a dû partir et qu'elle souhaite être inhumée chez nous, c'est bien évidemment possible au tarif résident".

Un cimetière, un parc locatif 

Lorsque le terrain le permet et que la démographie d'un village ou d'une commune a fortement augmenté, les communes peuvent parfois étendre la capacité de leurs cimetières. Sauf que cette politique n'est pas la plus privilégiée, la grande majorité des communes veillent à réattribuer les emplacements abandonnés ou lorsque les familles ne souhaitent plus renouveler la concession de leur proche. "La procédure de gestion d'une expiration d'une concession prend au minimum 13 mois. Dans le premier mois, nous contactons les familles où nous les invitons à nous répondre et ensuite il y a un affichage de sépulture d'au minimum d'un an et qui va couvrir deux Toussaint", détaille Thomas Degueldre, coordinateur cimetière de la Ville de Namur. Au-delà de la procédure, "le contrat prend fin et le Collège communal ne fait qu'acter la fin d'un contrat de concession. Ce sont des droits qui s'éteignent et ensuite la parcelle redevient communale en vue de la remettre à disposition d'une autre famille", complète M. Degueldre. 

Pour Xavier Deflorenne, le cimetière est une économie pour les communes, mais pas seulement, c'est aussi une vitrine de leurs services. "Les cimetières sont une carte postale, le meilleur moyen pour observer une communauté. Mais aussi de voir comment cette communauté est gérée par cette commune. Si vous voulez avoir une fenêtre sur comment une commune gère le bien public, aller voir les cimetières".

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