Christie Morreale (PS) : "Contre le harcèlement, pour une plus grande mixité dans les services publics, un système de quotas"

Le phénomène existe depuis toujours, mais il prend de l’ampleur depuis quelques années. Le #meetoo et #balancetonporc y ont contribué depuis l’affaire Harvey Weinstein dont le procès s’est ouvert lundi. Il s’agit du harcèlement. C’est un terme dont on parle de plus en plus et qui concerne de plus en plus de plaintes déposées auprès des services de police. Y en a-t-il plus que par le passé, la parole s’est-elle libérée, ou notre société y est-elle plus sensible ? Éléments de réponse dans notre émission.

Wivine Wittouck, comme beaucoup d’autres, a été victime de harcèlement. "Un collègue était amoureux de moi, j’ai tenu 5 ans avant que mon corps et mon mental ne craquent", explique-t-elle. "Au début, on est bien obligé de rire, de faire comme si tout était normal. Sinon j’aurais été mise de côté et n’aurais pas pu continuer mon travail. On s’y habitue". Wivine a finalement craqué avant d’être sous certificat maladie. Les dégâts sont à vie, dit-elle, "Cela fait 15 jours que j’en parle".

On le voit, il est encore très difficile de parler de harcèlement. Pour Isabella Lenarduzzi, fondatrice de JUMP, les réseaux sociaux ont mis fin à l’omerta sur le harcèlement. "On peut en dire beaucoup de mal, mais dans ce cas, ils ont permis aux femmes de prendre la parole et de raconter les harcèlements qu’elles subissent".

Mais internet a aussi son revers de la médaille. Corentin de Salle, directeur scientifique du centre Jean Gol, explique : "Avant il y avait le harceleur et le harcelé. Aujourd’hui, les spectateurs sur les réseaux sociaux peuvent très vite devenir harceleurs. Or, souvent, ce que fait individuellement le harceleur n’est pas gravissime, mais l’encouragement des autres peut porter un coup fatal".

Contre le harcèlement au travail, Christie Morreale estime qu’une plus grande mixité ferait baisser la pression : "Au sein des services publics, je plaide pour une plus grande mixité. Qu’à compétence égale, on choisisse en alternance une femme, puis un homme. Avoir un système de quotas, une plus grande mixité au sein des entreprises et à leur tête. Cela pourrait faire descendre la pression et éviter des cas d’isolement dans certaines situations".

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