Christelle Meuris (infectiologue) : "On ne met pas la pression sur les écoles", mais "les chiffres s’emballent et on ne peut pas s’asseoir là-dessus"

Quarantaine, testing…

Écoles et enfants sont-ils soumis à des mesures anti-covid trop lourdes et contraignantes ? En ce moment, des voix s’élèvent pour demander des assouplissements. La dernière en date est Bénédicte Linard. Ce lundi, la ministre de l’Enfance en Fédération Wallonie-Bruxelles a ainsi déclaré qu’il était "temps de relâcher la pression insupportable sur les écoles et les enfants". 

Réunis ce mercredi, les ministres de la Santé du pays ont finalement repoussé la question à la semaine prochaine.

Faut-il assouplir les mesures ? Une récente étude menée en Belgique vient pourtant tout juste de souligner l’importance du tracing dans les écoles.

Après avoir mené des tests covid systématiques chez les enfants, parents et professeurs d’une école liégeoise, l’étude conclut en effet que le rôle des enfants dans la transmission du coronavirus est probablement sous-estimé. "Les enfants ne se contaminent pas moins que les adultes", souligne le Dr Christelle Meuris, auteure de l’étude. "La conclusion est que si la situation devient plus problématique, il faudra améliorer le contact tracing et l’accès aux tests dans les écoles," ajoute-t-elle.

Ce n'est pas plus dur à l'école qu'ailleurs

Face aux critiques, le Dr Christelle Meuris peut "entendre qu’il y a beaucoup de chaos et beaucoup de désagréments pour les écoles, les directeurs, les parents". Mais, insiste-t-elle, "on veut éviter que les contaminations s’emballent. Pour cela, il faut continuer à mettre les gens en quarantaine si nécessaire, tester les contacts à haut risque etc. Tous les experts disent 'prudence, attention, on ne peut pas tout relâcher en même temps'. D’autant qu’en ce moment, les chiffres augmentent, notamment les hospitalisations. Et on ne peut pas s’asseoir là-dessus."

Selon elle, la stratégie adoptée dans les écoles fait partie d’un ensemble. "On ne met pas la pression sur les écoles. Le tracing a lieu partout. Il n’y a pas de stigmatisation de ces populations-là. Ce n’est pas plus dur à l’école qu’ailleurs".

D’autant qu’à la base, souligne le Dr Christelle Meuris, la stratégie actuelle de testing vise avant tout à "contenir le problème afin d’éviter la fermeture de classes et d’écoles." Ainsi, aujourd’hui, lorsqu’on constate dans une classe deux cas de covid liés l’un à l’autre, tous les élèves se font tester. "C’est un compromis trouvé pour ne pas être aussi sévère que l’an dernier" explique le Dr Christelle Meuris. "L’année dernière, on considérait les voisins de banc comme étant des contacts à hauts risques. Donc au moindre cas positif, ça pouvait être 3 enfants testés et en quarantaine pendant 10 jours. Avec le testing, l’idée est d’isoler les positifs et d’éviter les quarantaines non justifiées aux autres."

Le Dr Christelle Meuris précise toutefois que son étude n’a "pas pour objet d’être utilisée politiquement d’une manière ou d’une autre. Elle fait partie de la littérature sur laquelle les scientifiques vont pouvoir se baser pour émettre des recommandations".

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