Le SNI veut pouvoir dénoncer les faux candidats à un emploi

Comment lutter contre les "faux candidats" à un emploi ? Le SNI a son idée
Comment lutter contre les "faux candidats" à un emploi ? Le SNI a son idée - © BELGA PHOTO IMAGE GLOBE JONAS HAMERS

Serait-ce un effet pervers des mesures de contrôle des chômeurs ? Le Syndicat neutre pour indépendants pointe en tout cas l'augmentation du nombre des "faux candidats" qui postuleraient uniquement afin d'avoir leur "quota" de démarches nécessaires à garder le droit à leurs allocations. Et il se plaint que cela ne soit pas suffisamment dénoncé.

Une des principales obligations qui pèsent sur les chômeurs est de faire la preuve de leur disponibilité sur le marché de l'emploi. Concrètement, ils doivent collaborer activement à l'accompagnement et aux formations qui leur sont proposées. Ils doivent également chercher eux-mêmes un emploi "avec assiduité", disent les textes. L'ONEM évalue ces efforts au travers de la procédure d'activation du comportement de recherche d'emploi, qui consiste à suivre les chômeurs et à les soutenir dans leurs recherches. Malheur à celui qui négligerait cette obligation de "disponibilité active"! Il risque de lourdes sanctions, jusqu'à la suspension totale des allocations.

Le Syndicat neutre des indépendants s'en émeut : le nombre des faux candidats serait en effet en hausse constante, sans doute accrue par la sévérité plus grande des contrôleurs. Au SNI, on se félicite plutôt de cette plus grande sévérité : "Les chômeurs sont plus suivis depuis quelques années et doivent prouver qu'ils sont à la recherche d'un emploi pour ne pas perdre leur allocation. Et cette politique porte ses fruits. D'une étude de l'ONEM, il résulte qu'une approche ferme des chômeurs est efficace. Celui qui risque ou reçoit une sanction parce qu'il ne fait pas assez d'efforts pour trouver un emploi sera, par cette sanction ou ce risque de sanction plus motivé pour trouver un emploi que ceux qui reçoivent une évaluation positive". Revers de la médaille: "Le nombre de faux candidats a, depuis lors, augmenté de façon remarquable. Près de la moitié (46 %) des entreprises, à la recherche d'un nouveau talent ont, en 2013, été confrontés à trois faux candidats ou même plus, selon l'enquête du SNI"

Le problème, aux yeux de l'organisation, n'est donc pas tant cette sévérité accrue en période de crise, c'est plutôt le manque de... sanctions contre les "faux candidats". Car selon la présidente de l'organisation de défense des indépendants, Christine Mattheeuws, ceux-ci seraient bien trop peu nombreux à "dénoncer les faux candidats". Et l'organisation de plaider, par exemple, pour des "applications online facile à utiliser" afin de "rappeler à l'ordre la personne en question et supprimer un tel comportement inadapté de la part des chômeurs peu motivés".

Le phénomène des "faux candidats" n'est assurément pas neuf. Mais toutes les formes de cette pratique sont-elles équivalentes ? Rechercher soi-même un emploi, cela signifie postuler dans toute une série d'entreprises, qu'il y ait ou non des offres d'emploi publiées. Parfois, avec une chance de succès proche de zéro. Et peut-être les candidats seraient-ils heureux, de leur côté, que chacune de leurs démarches reçoive au moins un accusé de réception ?

Contactés par nos soins, les représentants d'Actiris, le "fournisseur officiel de solutions pour l'emploi bruxellois" se refusaient à commenter la sortie du SNI et renvoyaient vers l'Office national de l'emploi... où l'on considère que les organismes régionaux sont les mieux placés pour répondre! Un effet des récents transferts de compétence ? S'il faut certes assurer un meilleur suivi des demandeurs d'emploi, le moindre des défis ne sera sans doute pas de mieux suivre aussi les compétences transférées...

T.N.

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK