Chine: quatre Tibétains tentent de s'immoler en signe de protestation

Des moines tibétains dans un monestère en Chine, en 2012
Des moines tibétains dans un monestère en Chine, en 2012 - © Peter Parks

Au moins quatre Tibétains ont tenté de s'immoler par le feu mercredi en Chine à la veille de l'ouverture du congrès du PC chinois qui doit désigner les nouveaux dirigeants du pays, a-t-on appris jeudi auprès du gouvernement tibétain en exil.

"Nous avons pu confirmer grâce à nos sources quatre (gestes de protestation)", une série sans précédent pour une seule journée, a déclaré à l'AFP la secrétaire à l'Information, Dicki Chhoyang.

Un 5ème cas, rapporté par la radio américaine Radio Free Asia (RFA), est en cours de vérification, a-t-elle ajouté depuis la ville indienne de Dharamsala où est installé le gouvernement tibétain en exil.

Un appel à la communauté internationale

Trois des quatre cas confirmés se sont produits dans la préfecture d'Aba, dépendant de la province du Sichuan (sud-ouest), un des principaux foyers de la contestation tibétaine, tandis que le quatrième a eu lieu dans la préfecture de Huangnan, rattachée à la province de Qinhai (nord-ouest).

"Les immolations au Tibet sont un appel au sentiment humain de la communauté internationale, du gouvernement chinois et du peuple chinois, pour qu'ils entendent leur cri de désespoir", a souligné Dicki Chhoyang.

Près de 60 personnes, en majorité des moines bouddhistes, se sont immolées par le feu ou ont tenté de le faire depuis début mars 2011 dans les zones tibétaines chinoises.

La Chine affirme avoir "libéré pacifiquement" le Tibet et amélioré le sort de sa population en finançant le développement économique de cette région pauvre et isolée.

Mais de nombreux Tibétains ne supportent plus ce qu'ils considèrent comme une domination grandissante des Han, l'ethnie ultra-majoritaire en Chine, et la répression de leur religion et de leur culture.

Réuni en congrès à Pékin à partir de ce jeudi, le parti communiste chinois va se choisir un nouveau chef pour les dix prochaines années. Un poste qui, sauf coup de théâtre, reviendra à l'actuel vice-président, Xi Jinping.

Le dalaï lama, chef spirituel des Tibétains, a appelé cette semaine les futurs dirigeants chinois à changer de méthodes et à faire cesser "la censure et les brutalités".

Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les droits de l'Homme, Navi Pillay, a appelé Pékin à répondre d'urgence aux frustrations des Tibétains, évoquant "des détentions et des disparitions", "l'usage excessif de la force" et "la répression des droits culturels des Tibérains".


AFP

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