Chine: le satellite Sentinel observe une nette diminution de la pollution depuis l'apparition du coronavirus

Le coronavirus est au centre de toutes les attentions et, aussi graves que puissent être les conséquences actuellement, il existe un impact positif : l’air en Chine est moins pollué depuis l’apparition du virus. Le satellite Sentinel a été lancé il y a deux ans par l’ESA, l’Agence spatiale européenne. Il scrute l’atmosphère autour de la Terre et fournit des données concernant la qualité de l’air et donc des données assez précises.

"Chaque jour il donne des données à une résolution de 7 sur 3 kilomètres, cette résolution nous permet de regarder la qualité d’air au-dessus d’une ville individuelle, ce qui n’était pas possible avec les anciens satellites ou les satellites précédents", explique Maité Bauwens, chercheuse à l’Institut d’Aéronomie Spatiale de Belgique, interrogée sur La Première.

"On a eu l’idée de regarder au-dessus d’une grande ville comme Wuhan qui a quand même été affectée par le virus et qui est en lock down depuis le 23 janvier. Et on voit qu’avant le 23 janvier les concentrations de dioxyde d’azote étaient nettement plus hautes que maintenant. En fait, ça se voit aussi l’année passée, mais la baisse est partiellement due au Nouvel An chinois. Mais ce qu’on voit cette année-ci, c’est que les diminutions en concentration sont beaucoup plus fortes et elles durent beaucoup plus longtemps jusqu’à aujourd’hui. On voit des concentrations très basses ; alors que les années passées, elles remontent clairement après les vacances", poursuit-elle. "Quand on fait la carte de la Chine, on pourrait dire que c’est vraiment à l’échelle nationale que les concentrations sont très basses aujourd’hui".


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Par ailleurs, le satellite Sentinel "détecte entre autres le dioxyde de soufre qui est émis par les éruptions volcaniques. Il mesure aussi le formaldéhyde, qui est un marqueur d’émissions biogéniques et l’ozone qui est formé dans plusieurs réactions. Pour les chercheuses et chercheurs, c’est très important de connaître la quantité des différents gaz, ça nous aide à avoir une idée plus fondamentale de la chimie atmosphérique. Et, d’un autre côté, au niveau politique, le fait que ces gaz soient quantifiés aide aussi à mieux valoriser les mesures qui sont prises pour diminuer la pollution et les améliorer". 

Auparavant, "chaque pays avait une façon d’estimer ses émissions, mais avec ces observations de satellites combinées avec des modèles atmosphériques, on arrive à avoir des quantifications beaucoup plus objectives et à mieux comparer les émissions des différents pays avec l’autre. Et, en effet en Chine, si on regarde les observations d’un autre satellite qui mesure depuis plus longtemps, on voit en effet que depuis 2010 les émissions sont en train de diminuer. Ce n’est pas le cas, par exemple, en Inde, où on voit quand même que les concentrations de dioxyde d’azote augmentent petit à petit", conclut-elle.  

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