Child Focus veut améliorer la prise en charge des enfants victimes d'enlèvement parental

Les intérêts des enfants sont trop peu pris en considération par les juges
Les intérêts des enfants sont trop peu pris en considération par les juges - © RTBF

Chaque année, 130.000 couples divorcent dans l’Union Européenne. Dans les cas les plus dramatiques, les enfants sont victimes d’enlèvement parental. L’an dernier, Child focus a traité 409 cas de ce genre.

Pour les enfants, ces situations provoquent beaucoup de souffrances. D’autant que lorsque l’affaire arrive en justice, leur droit n’est pas forcément la priorité des juges. Selon une étude universitaire à laquelle a collaboré Child Focus, les enfants ne sont pas toujours entendus par les juges. C’est pourtant leur droit comme l’indique la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’Enfant.

Des enfants trop jeunes, pas assez mature

Mais pourquoi ne pas systématiquement écouter ces jeunes victimes ? Selon Child Focus, les juges estiment qu’ils sont trop jeunes ou pas assez matures. C’est ce qu’a vécu Geike, une jeune fille âgée de 8 ans au moment des faits. Après le divorce de ses parents, sa maman refait sa vie en Suisse et veut l’emmener là-bas. Son père s’y oppose devant la justice belge. La petite fille va alors se retrouver confrontée à une juge incapable d’entendre sa souffrance " C’était très intimidant, ce n’était pas du tout pour les enfants. La juge m’a parlé comme si j’étais une adulte, elle m’a posé des questions inappropriées. Elle voulait surtout avoir des informations et pas me mettre à l’aise ". La jeune fille a d’ailleurs été victime de son propre témoignage " La première juge m’avait promis de ne pas dire ce que j’allais lui raconter, mais finalement elle a tout dit à mes parents. Ils ont su tout ce que j’avais raconté. Il y avait déjà des tensions, mais là ça a empiré et c’est retombé sur moi ! ".

Mais la situation pourrait être encore pire. Hilde Demarré de Child focus Europe a traité plus de 400 cas d’enlèvement, dont certains cas étaient beaucoup plus dramatiques " C’est le droit de l’enfant d’avoir un contact avec les deux parents. Mais on voit que dans la majorité des cas d’enlèvements, les enfants n’ont aucun contact avec le parent délaissé pendant toute la période de l’enlèvement. On viole leurs droits ".

Meilleure formation des juges

Child focus veut montrer, grâce à cette étude universitaire, qu’il y a moyen de prévenir ce genre de situation par une écoute réelle des enfants et des parents. Pour l’association, les juges doivent être mieux formés pour traiter les cas de divorces et ainsi éviter qu’on n’aille jusqu’à l’enlèvement, car dans ce cas, les chances que l’enfant retrouve un jour son parent perdu sont vraiment très faibles.

Cette enquête permet aussi à Child Focus de proposer des solutions. Par exemple, imiter nos voisins " Aux Pays-Bas, chaque enfant se voit attribuer un tuteur, qui prépare les discussions, l’accompagne et lui explique la décision par la suite ", explique Hilde Demarré, citant également des juges britanniques qui prennent leur décision en fonction de l’enfant.

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