"Chiens interdits": un obstacle de trop pour les personnes en situation de handicap

L'accès des chiens d'assistance aux lieux publics a fait objet d'une journée d'information et de débat au Sénat.
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L'accès des chiens d'assistance aux lieux publics a fait objet d'une journée d'information et de débat au Sénat. - © C. Phayakhuan

Le chien, le meilleur ami de l’homme. C’est d’autant plus vrai lorsque l’on est atteint d’un handicap. Qu’ils soient chiens-guides, chiens d’aide ou chiens d’alerte, les chiens d’assistance permettent d’augmenter la qualité de vie et d’assurer la sécurité de leur maître. Indispensables, ils aident et accompagnent les personnes handicapées dans leurs activités, mêmes dans les endroits publics.

Une évidence pour tous?

La Belgique peut se targuer d’être un précurseur en la matière. C’est le premier pays en Europe à avoir établi une loi il y a 20 ans qui autorise l’accès des chiens d’assistance aux lieux accessibles au public. Magasins, restaurants, supermarchés et même boucheries, ils doivent pouvoir accompagner leur maître partout. Le sujet a fait l'objet d'une journée d'information et de débat au Sénat ce mardi.

Car dans la pratique, les personnes en situation de handicap font face à des refus de la part de certains commerçants qui ignorent ou connaissent mal la législation. Les commerçants qui délivrent des denrées alimentaires évoquent systématiquement l’AFSCA. L’agence confirme pourtant que l’accès à ces commerces n’est pas restreint pour les chiens d’assistance.

“Discrimination indirecte punissable par la loi”

Ces chiens sont indispensables pour l’amélioration de l’autonomie de leur propriétaire. Les personnes handicapées sont excédées de devoir “sans cesse justifier leur présence”. “Sans chien, je perds tout autonomie”, témoigne Nathalie Tortora une malvoyante. Françoise Champenois, malvoyante et malentendante, évoque aussi “l'impact psychologique de tous ces refus [qui] génèrent de l’angoisse, du stress, un sentiment d’humiliation”.

Pour UNIA (Centre Interfédéral pour l’Egalité des Chances), “refuser l’accès aux chiens d’assistance, c’est refuser une personne. Cela désavantage une personne en situation de handicap et revient à une forme de discrimination indirecte punissable par la loi". En 2016, le centre a compté 41 signalements qui ont aboutit à 22 dossiers. Il s’agit d’une “partie de l’iceberg car tout le monde ne porte pas plainte”.

A la Région wallonne, la proposition de résolution pour le financement de chiens d’assistance et pour sensibilisation auprès des opérateurs est passée. Le passeport qui reprendrait les dispositions légales existantes reste, quant à lui, un projet qui doit encore être concrétisé. 

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