Chewing-gum, biscuits, glaces, médicaments... l'industrie utilise de plus en plus de nanoparticules

Ce n'est pas nouveau, les additifs sous forme de nanoparticules sont présents dans de nombreux produits alimentaires. Mais aujourd'hui leur présence se multiplie dans nos produits de consommation courante, selon Jean-Philippe Ducart de Test-Achat invité des Curieux du Matin sur La Première ce vendredi.

C'est le cas dans l'alimentation : « Les chewing-gums, mais aussi des biscuits ou de la crème glacée, des sachets Mix soupe, des sauces, mais aussi des médicaments. L'industrie, et particulièrement l'industrie agroalimentaire en raffole beaucoup. Mais le problème, c'est que l'industrie nous met à nouveau devant le fait accompli. Il n'y a pas de régulation et en plus, lorsqu'on parle de E171, E551, E774, ce sont des mentions, mais on ne vous dit pas que cela cache des nanoparticules », précise-t-il.

A la question de savoir pourquoi l’industrie utilise ces nanoparticules, il répond : « A priori pas beaucoup d'utilité ou de valeur ajoutée, en tout cas pour le consommateur. L'intérêt est purement commercial ou industriel. Exemple, avoir des matériaux plus légers, renforcer les couleurs, renforcer la brillance pour attirer l'œil, donc des raisons esthétiques, cosmétiques, mais pas d'utilité ou de valeur ajoutée et pas de risque évalué ».

Quel risque pour la santé ?

En terme de sécurité, il n'existe actuellement aucune analyse de risques de ces nanoparticules. Ce qui agace Jean-Philippe Ducart : « On joue à l'apprenti sorcier dans des domaines aussi fondamentaux que l'alimentation ou la santé ».

D'autres pays sont déjà intervenus sur ce domaine-là. « L'Agence Française de Sécurité des Aliments a confirmé qu'il y avait des incertitudes en la matière sur les effets sur la santé et la toxicité potentielle de l'additif E171. Les fabricants sont incapables de fournir les données nécessaires à l'évaluation des risques, et plus important encore, selon la législation européenne, un additif alimentaire ne peut être autorisé que si son utilisation, je cite, « est sûre, justifiée sur le plan technologique et si elle n'induit pas en erreur, mais au contraire, procure des avantages ». On est vraiment au cœur du débat. Il n'existe aucun besoin technologique. La preuve ne peut pas être rapportée d'une véritable valeur ajoutée. À notre sens, il faudrait intervenir dans le domaine de manière beaucoup plus contraignante ». 

Test-Achat plaide « pour l'interdiction du E171, mais aussi d'autres additifs du même type qui cachent les nanoparticules, et particulièrement pour les produits destinés aux enfants. Les risques pour la santé sont trop grands et l'avantage est quasi-nul pour le consommateur » .

Et d'ajouter : « Ce que nous demandons, c'est une définition claire des nanoparticules, la mention sur l'emballage. Il faudrait à tout le moins informer le consommateur. Et plus important encore, que les fabricants soient tenus de démontrer la sécurité de leurs produits. Il est quand même insensé de mettre un produit sur le marché sans vraiment savoir s'il y a une toxicité potentielle, s'il y a un risque réel pour le consommateur et prouver que ces nanoparticules sont absolument nécessaires pour la bonne qualité du produit »

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