Chérie, j'ai rétréci les satellites : Picasso et Simba, les deux nano-satellites belges à bord de Vega

Maman, j'ai rétréci les satellites : Picasso et Simba, les deux nano-satellites belges, en route à bord de Vega
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Maman, j'ai rétréci les satellites : Picasso et Simba, les deux nano-satellites belges, en route à bord de Vega - © ESA

Ils ont chacun la taille d’une boîte à chaussure, là où il fallait au moins une machine à laver pour faire le travail : avec leurs modestes 30 cm de hauteur, sur 10 centimètres de base, Picasso et Simba sont les deux nano-satellites belges embarqués à bord du lanceur européen Vega. D’ici quelques heures, ces deux fiertés scientifiques noir-jaune-rouge devraient se retrouver en orbite, après le lancement de Vega au départ de Kourou, en Guyane française.

Reste à voir si le lancement de la fusée aura bien lieu. Il a été plusieurs fois reporté à cause de conditions météo défavorables. Une nouvelle tentative sera envisagée ce dimanche, a indiqué Arianespace dans un communiqué diffusé ce matin.

Tout rikiki, mais costauds en infos

Simba est le bébé de l’Institut royal de Météorologie ; Picasso, celui de l’Institut royal d’Aéronomie spatiale de Belgique. Picasso pèse 3,5 kilos à peine. Les deux cousins sont des Cubesats, de très petits satellites, qu’on appelle aussi des nano ou des pico-satellites.

L’intérêt de cette opération ? Evaluer l’aptitude de satellites à très faible coût à effectuer des mesures atmosphériques. En d’autres mots, "c’est petit, mais ça mesure". C’est du moins, ce que l’équipe belge espère.

Ce projet fait partie d’une mission de l’Agence spatiale européenne (ESA). Vega embarque 53 satellites en même temps, à l’occasion de ce vol de validation du nouveau service de lancement de petits satellites d’Arianespace, la société qui commercialise les lanceurs européens.

Picasso au Soleil

A bord, deux charges utiles scientifiques : un spectromètre simplifié, pour le suivi de l’atmosphère. Sa caméra va mesurer la lumière visible du Soleil durant son passage dans l’atmosphère terrestre, lors des levers et des couchers du Soleil. Picasso va passer au crible les secrets du lever du soleil. Il utilisera la filtration de la lumière du Soleil par l’atmosphère de la Terre pour vérifier la santé de notre couche protectrice d’ozone.

Le second instrument présent sur Picasso consiste en 4 sondes de prélèvement en forme de grandes aiguilles. Elles mesurent la densité électronique et la température autour du satellite. Cela permet de mesurer le plasma spatial autour du nano-satellite, ce qui offre de nouvelles perspectives pour la météorologie spatiale. Le Cubesat va voler sur une orbite polaire (altitude comprise entre 475 et 500 kilomètres), avec une inclinaison de 98 degrés.

Ozone, oh désespoir ?

La couche d’ozone se dégrade, ce n’est pas une découverte récente. Au milieu des années 80, des instruments embarqués sur des satellites nous faisaient déjà découvrir le choc du trou dans la couche d’ozone. Conséquence : une diminution du rôle vital de cette couche protectrice contre les dangers du rayonnement ultraviolet.

Picasso a pour mission de voir où on en est : assiste-t-on à une stabilisation de la couche, depuis l’interdiction au niveau international des gaz responsables de sa destruction ?

"Les tendances actuelles amènent à penser que le trou dans la couche d’ozone est progressivement en train de se stabiliser ou de se reconstituer", déclare Didier Fussen, scientifique responsable du projet et chef du département "Rayonnement solaire" à l’Institut d’aéronomie spatiale (IASB). "La dynamique atmosphérique connaît une importante variabilité naturelle d’une année sur l’autre, et requiert donc des observations continues".

Simba et la Terre

L’Institut royal de Météorologie, lui, est très curieux de recevoir les mesures réalisées par Simba. Ce nano-satellite va s’intéresser à la différence entre le rayonnement du Soleil qui atteint la Terre, et celui que la planète renvoie. L’instrument à bord pour mesurer cela est un radiomètre. Cela permettra de mesurer le bilan radiatif de la Terre, soit la quantité d’énergie qui est conservée par la planète et n’est ni réfléchie, ni rayonnée. En clair, de voir si la planète se réchauffe ou si elle a tendance à se refroidir.

L’équipe belge espère une durée de vie d’un an au moins pour Picasso, comme l’explique Didier Fussen : "On croise les doigts pour survivre un an, car les nano-satellites ne sont pas aussi chers en équipement que les grands. C’est un compromis entre les coûts et les risques. On pense que ce serait formidable d’avoir toutes les saisons sur un an, un an et demi. En général, soit ça va très mal au début soit on dépasse largement le temps prévu et ce n’est que du bonus.Le lancement de Picasso et de Simba, sur la fusée Vega est à suivre en direct ici.

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