Chercheur FNRS, un métier moins valorisant qu'il n'y paraît

Chercheur FNRS, un métier moins valorisant qu'il n'y parait?
Chercheur FNRS, un métier moins valorisant qu'il n'y parait? - © AFP PHOTO / CELIA LEBUR

Chargé de recherche pour le FNRS, le fonds de la recherche scientifique, voilà un titre prestigieux... Mais la réalité derrière est beaucoup moins heureuse. Les chercheurs, post doctorants, n'ont pas la vie facile.

 

C’est Bernad Fusulier, un sociologue de l'UCL qui dénonce leur situation. Obligés d'accepter des contrats temporaires, et soumis à une pression qui les pousse à publier le plus souvent possible, les chercheurs ont aussi du mal à gérer leur vie privée et leur vie professionnelle.

Entre la fin de leurs études et le jour où ils trouvent enfin une place de professeur, de nombreuses années peuvent s'écouler. " Les mandats de postdoctorants, ce sont finalement des contrats à durée déterminée, donc certains postdoctorants peuvent accumuler ces mandats, mais ils sont déjà à cinq ans après une thèse de doctorat qui leur a déjà pris aussi de trois à six ans, parfois même plus. "

Et tout ça à un âge auquel, souvent, on décide d'avoir un enfant, de faire éventuellement un emprunt pour acheter un appartement… Sans garantie d'emploi, cela peut se révéler difficile.

Et puis au bout du chemin, pour Julian Leprince, postdoctorant en médecine dentaire, les places sont chères. " Il y a de la concurrence à tout niveau. En fait ça peut dans certaines équipes créer des conflits entre personnes qui auraient pu travailler ensemble, ou s’il y a deux personnes de même qualité dans un même labo, forcément il y a concurrence… "

Et selon Bernard Fusulier, la concurrence, et donc la pression, sont aussi internationales. " Les chercheurs sont aussi soumis à une énorme pression : ils doivent publier beaucoup et de plus en plus vite parce qu’on met en comparaison les chercheurs en fonction de leur nombre et de la qualité de leur publication. "

Pour lui cette pression constante est dommageable et contradictoire avec les nécessités de la recherche fondamentale, qui demande du temps, et de la patience.

Daphné Van Ossel

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